Image fixe d'un monde qui bouge : honorer une mémoire, réparer les blessures

Honorer une mémoire, réparer les blessures (format original en fin d'article).

© Margot Jourquin

21 juin 2020 à 09:05Temps de lecture1 min
Par Margot Jourquin

Chaque jour, la RTBF vous propose le regard et la plume d’un photographe indépendant sur la crise que nous traversons. Un cliché et un texte publiés chaque jour en soutien à la presse, dans le cadre de "#Restart", le plan de la RTBF lancé en soutien à la culture et aux médias, secteurs durement touchés.


Je photographie cette entreprise de pompes funèbres depuis plusieurs années. J’ai pu observer ce que les rituels autour des morts révèlent de notre humanité.

Les employés des pompes funèbres prennent soin du mort, qu’il s’agit de faire passer dignement d’un monde à l’autre, mais aussi des vivants, qui doivent se rassembler, honorer une mémoire, ressouder le groupe fragilisé, entamer, en somme, un processus de deuil.

Pendant l’épidémie, tous ces rituels ont été bouleversés et ont presque disparu dans certains endroits. Les morts sont partis trop vite et les vivants sont souvent restés seuls face à ce vide. Il s’agit maintenant de réparer ces blessures.

Ce lundi, sur la place du Jeu de Balle à Bruxelles, avaient lieu les funérailles de Marcelin, une figure du quartier des Marolles. Malgré des mesures strictes, près de deux cents personnes étaient réunies pour la cérémonie. Sur cette place centrale, qui n’a toujours pas vu son célèbre marché aux puces rouvrir, c’est tout un quartier qui a chanté, pleuré, applaudi.

Honorer une mémoire, réparer les blessures
Honorer une mémoire, réparer les blessures © Margot Jourquin

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