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On n'est pas des pigeons

Ils ont décidé de ne pas rouvrir ce lundi 11 mai !

Ils ont décidé de ne pas rouvrir ce lundi 11 mai !

Ils ont préféré garder leurs portes fermées malgré les presque deux mois de fermeture forcée. Comment expliquer un tel choix ?

Un magasin de vêtement : vive la vente en ligne !

Magasins de vêtements
Vente de vêtements en ligne

Maïté Vaneyck, propriétaire et gérante d’une boutique de vêtement à Louvain-la-Neuve depuis quatre ans, n’a pas rouvert ce lundi 11 mai, pour une raison d’accueil.

Notre magasin n’est pas très grand et j’aurais le droit de n’avoir que deux clientes à la fois dans le magasin pendant maximum une demi-heure.

" On a l’habitude d’avoir des liens assez familiers avec nos clientes. Chez nous, tout le monde est tutoyé. On a une très grosse communauté. Donc, elles sont habituées à un accueil et un service qui ne pourront pas du tout être honorés en cette période-ci. Mes deux cabines d’essayage sont collées, donc, ça veut dire fermer une des deux cabines et devoir faire attendre l’une ou l’autre demoiselle pour qu’elle fasse ses essayages. La proximité ne va pas être la même. On ne peut pas venir accompagné. On doit porter un masque. Tout cela, ce sont des frontières et nous, nous sommes tellement à l’opposé de mettre des frontières avec notre clientèle que si c’est pour offrir un service que l’on trouve approximatif ou en tout cas moitié moins bien de ce que l’on fait d’habitude, pourquoi le faire ? "

Maïté préfère donc garder son magasin fermé et se concentrer sur les ventes en ligne. Elle a commencé son activité sur les réseaux sociaux et a toujours fonctionné avec la vente par Internet, parallèlement à sa boutique physique. A raison, ses ventes en ligne ont véritablement explosé avec la crise. " J’avais senti le vent tourné et peu de temps avant que l’on annonce le confinement chez nous, je suis allée faire énormément d’achats et j’ai un petit peu fait un coup de poker. J’ai acheté pour deux ou trois mois de stock, en me disant : " Je ne sais pas combien de temps ça va durer. Je ne peux pas rester inactive.

Je ne suis pas une assez grosse société que pour survivre. Donc, il fallait que par la porte ou par la fenêtre, je trouve une solution. 

" J’avais ma trésorerie au plus bas, mais tous mes stocks et j’ai boosté, boosté, boosté l’on-line, ce qui m’a permis de faire exploser mon chiffre d’affaires, donc, j’ai fait plus 300% de mon chiffre d’affaires habituel pendant le confinement. C’est franchement énorme. " Cette tendance se poursuit depuis lundi chez Maïté, malgré la réouverture des magasins de vêtements concurrents. Sa boutique physique dans ces conditions peut bien encore rester fermée quelques semaines.

Une fleuriste : La santé avant tout !

Fleuriste
Close-up of woman with flowers inside a cardboard box on table

Victoria Buysse, 29 ans, est fleuriste à Grand-Bigard. Elle tient son magasin depuis quatre ans et elle a décidé comme peu de ses confrères et consœurs de ne pas rouvrir ce lundi.

Je n’ai pas rouvert le magasin ce 11 mai. Je trouve que c’est encore trop tôt et je ne sais pas quand je vais ouvrir à nouveau.

" J’attends de voir l’évolution de la situation et de cette crise. Je suis maman d’un petit bout de deux ans, j’ai assez peur du Coronavirus. C’est la raison pour laquelle je ne veux pas ouvrir le magasin. "

Pourtant Victoria l’avoue, sa petite entreprise n’est pas au meilleur de sa forme. Elle se remet à peine d’autres maux. " Le magasin a survécu déjà à des travaux dans la rue qui ont duré une année. " 

J’ai failli mettre la clé sous la porte et maintenant nous subissons cette crise sanitaire…

" C’est très dur pour survivre malgré les aides octroyées par l’état mais la santé avant tout ! " Victoria, sagement, attend que les chiffres de la pandémie baissent davantage.

Des magasins d’articles de puériculture : pas assez d'info !

Babykids
Babykids

Nicolas Pourbaix, copropriétaire des seize magasins Babykid, répartis en Wallonie et à Bruxelles, a décidé de garder ses lieux de ventes fermés. " Le monde politique est tiraillé dans des compromis entre ce que les scientifiques et experts disent, entre le monde économique, entre les professionnels de la santé… Ils doivent faire un compromis entre toute une série de facteurs et d’éléments et quand on voit toutes les informations qu’ils diffusent, en fait personne ne sait, personne ne sait ce qui est bien et ce qui n’est pas bien.

On laisse les magasins fermés jusqu’au 31 mai malgré les autorisations de les rouvrir et on accepte les clients uniquement sur base d’un rendez-vous.

Nicolas Pourbaix et ses magasins s’adressent entre autres, à des femmes enceintes, communément jugées fragiles.

" On s’est dit, dans le doute, on ne va pas prendre de risques. Dans le doute, on maintient juste les rendez-vous en obligeant la distanciation sociale et en obligeant le port du masque aussi bien pour le personnel que pour la maman ou les futurs parents. " A côté des rendez-vous pour établir une liste de naissance ou tester un siège ou une poussette, les ventes peuvent se réaliser en ligne, si ce n’est que l’enseigne a dû momentanément fermer sa boutique Internet, victime de son succès.

On a eu trop de commandes et je dois admettre qu’on n’a peut-être pas été assez préparés.

Etre fermé ne signifie donc pas chez Babykid, comme dans d’autres magasins que les affaires ne tournent pas. La réouverture d’une boutique physique n’est d’ailleurs pas le gage d’un retour à la normale. Celles et ceux qui avaient déjà bien apprivoisé les outils de ventes numériques, vont très probablement mieux encaisser les coups et contrecoups de cette crise.

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