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La Première - Soir

Il y aura-t-il moins de voitures de société grâce au "budget mobilité"?

Il y aura-t-il moins de voitures de société grâce au "budget mobilité"?
01 mars 2019 à 18:192 min
Par Lucie Hermant

Le "budget mobilité" a été adopté jeudi à la Chambre. L'objectif reste d'encourager les alternatives à la voiture de société. Mais concrètement, en quoi ça consiste ? Quelles différences avec le "cash for car" qui n'a pas séduit les foules ? Dans Soir Première, Arnaud Ruyssen se penche sur la question avec Baptise Hupin, journaliste politique à la RTBF, et Xavier Tackoen, administrateur-délégué d'Espaces-Mobilités.

Quoi de neuf?

Là où le "cash for car" permettait de transformer son budget de voiture de société en salaire, le nouveau "budget mobilité" incite les employés à utiliser le montant prévu pour leur véhicule pour d'autres solutions de mobilité. Baptise Hupin explique. "Prenons le cas d'un leasing moyen. Imaginons un budget de 500 euros par mois pour un véhicule de société. Le travailleur peut d'abord échanger ce budget de 500 euros pour un véhicule moins polluant. Si cette voiture moins polluante n'épuise pas tout le budget prévu, le travailleur peut compléter cela en demandant, par exemple, un abonnement aux transport en commun, un cyclomoteur, un vélo, ou même une intervention dans des frais de logement, que ce soit un loyer ou un remboursement d'emprunt, si le travailleur habite à moins de 5 km de son travail."

Pour quelle efficacité?

Une nouvelle mesure, pour de véritables résultats sur l'environnement? Par forcément, ou de manière indirecte selon Xavier Tackoen. "Je ne pense pas que le nouveau "budget mobilité" permettra de diminuer significativement le nombre de voitures de société. Néanmoins, on a maintenant ouvert le système. Il y a 10 ans, les entreprises ne voulaient même pas en entendre parler. Aujourd'hui, elles sont demandeuses de solutions." Alors est-ce que le système va fonctionner ? Possible, mais dans un premier temps, ce sera essentiellement efficace au sein des entreprises qui sont déjà sensibilisées aux questions climatiques et de mobilité douce, explique Xavier Tackoen. Par contre, à plus long-terme, il pense que des alternatives telles que le "budget mobilité" porteront leurs fruits. "Aujourd'hui, on avance pas à pas. On ne peut pas imposer une charge administrative trop importante aux entreprises. Le gros défi, c'est d'activer la demande. Il faut se rendre compte que dans une entreprise sur deux, il n'y aucun organe de concertation qui traite de la question environnementale et de la mobilité." C'est donc une culture d'entreprises qui doit évoluer. En comparaison avec le "cash for car", le budget mobilité pourrait par contre gagner quand même un peu plus le cœur des employeurs. "Selon nos informations, on compte entre 400 et 500 demandeurs actuellement pour le "cash for car", ce qui est une goutte d'eau dans l'océan et qui a très peu d'impact sur la mobilité. En ce qui concerne le "budget mobilité", selon mes propres calculs, on devrait atteindre les 15.000 à 20.000 demandeurs, ce qui reste quand même assez peu. Néanmoins, ce qui est très positif, c'est que ça va générer une demande pour les mobilités partagées et l'offre va, au fur et à mesure, s'intensifier, s'amplifier. Et, à termes, dans 10 ou 15 ans, les usages auront évolués."

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