Cyclisme

Il y a 20 ans, Rik Verbrugghe remportait la Flèche Wallonne

21 avr. 2021 à 05:00Temps de lecture3 min
Par Thomas Michiels
12 ans après son directeur sportif de l’époque, Claudy Criquielion, Rik Verbrugghe remporte la Flèche Wallonne.
12 ans après son directeur sportif de l’époque, Claudy Criquielion, Rik Verbrugghe remporte la Flèche Wallonne. BELGA

Il y a 20 ans, Rik Verbrugghe s’imposait au sommet du Mur de Huy, lors de la 65e édition de la Flèche Wallonne. Il est revenu sur ce beau souvenir, qui reste, la plus belle victoire de sa carrière.

Retour le 18 avril 2001. Avant de prendre le départ, le coureur belge avait l’esprit revanchard : "L’état d’esprit à ce moment-là, c’était que, l’année d’avant je faisais deuxième et donc je n’avais qu’un but en tête, c’était de gagner. Mais c’est vrai qu’on avait mis une stratégie en place et tout s’était déroulé parfaitement donc c’était surtout cette mentalité de gagner qui était en tête avant le départ."

Une stratégie qui est alors mise en place, mais qui devra tout de même être modifiée pendant la course : "Claudy Criquielion avait analysé tout ça et puis, en cours de route, il y avait une grosse échappée qui était partie avec des coureurs comme Ivan Basso qui étaient quand même très dangereux. C’est vrai qu’on a dû adapter un peu la stratégie en course, mais l’équipe a dû rouler pour réduire l’écart," s’est rappelé Rik Verbrugghe.

J’ai bien senti que j’étais le plus fort et que c’était à moi de prendre la course en main.

Au moment d’aborder la côte de Bohissau, située à environ 25 kilomètres de l’arrivée, Verbrugghe saisi sa chance : "L’équipe était en train de rouler et j’ai alors attaqué. Il n’y a personne des favoris qui a suivi parce que j’ai un peu surpris tout le monde qui pensait qu’on allait simplement boucher le trou, mais en fait, l’écart, c’est moi qui l’ai bouché moi-même. Quand je suis revenu sur l’échappée, j’ai pris tout de suite les commandes et j’en ai vu trois, quatre, qui devaient lâcher tout de suite. J’ai bien senti que j’étais le plus fort et que c’était à moi de prendre la course en main et de ne pas laisser revenir les favoris derrière. J’ai demandé d’avoir du soutien de ce qu’il restait de l’échappée, mais ils ont bien senti que j’étais trop fort et il ne voulait pas rouler avec moi parce qu’ils savaient qu’ils allaient être battus avec moi. C’est vrai que j’ai dû faire tout, tout seul, et il fallait en garder sous la pédale pour les éliminer parce qu’il ne faut pas non plus penser, même si on a un jour de grâce, que l’on peut lâcher tout le monde comme ça. Il fallait un peu doser ces efforts et je pense que là, Claudy m’a vraiment beaucoup aidé dans l’approche du Mur et comment aborder cette dernière montée finale".

Ce qu’il fallait éviter, c’était de prendre les virages à la corde dans le Mur de Huy.

Rik Verbrugghe n’a pas ménagé ses efforts pour aller s’imposer sur la Flèche Wallonne.
Rik Verbrugghe n’a pas ménagé ses efforts pour aller s’imposer sur la Flèche Wallonne. Belga

Le coureur de Lotto entame alors la mythique ascension du Mur de Huy, il reste moins d’un kilomètre et il se sépare d’un Ivan Basso qui craque et ne peut plus le suivre. "Ce qu’il fallait éviter, c’était de prendre les virages à la corde parce qu’on a plutôt tendance, sur une montée, de prendre le chemin le plus court et le chemin le plus court n’est peut-être pas l’idéal donc c’était bien d’agrandir ces virages pour justement avoir les pourcentages les moins élevés dans la montée du Mur de Huy."

Au sommet du Mur de Huy, c’est le poing levé que Rik Verbrugghe s’impose en solitaire, 12 ans après son directeur sportif de l’époque, Claudy Criquielion. "C’est la première course que je suis allé voir en tant que gamin, en vélo, sur le Mur de Huy. Et ça marque toujours un peu plus les esprits dans son jardin de pouvoir gagner," a raconté le vainqueur de l’édition 2001.

2001, la plus belle année de la carrière du coureur belge

En plus de la Flèche Wallonne, l’ancien sélectionneur belge s’était imposé la même année sur des étapes de deux grands tours : "Quand on fait deuxième de la Flèche Wallonne l’année avant et puis que l’on gagne, on a une confiance supplémentaire et cela un rôle sur les prestations. Et après, je suis parti au Tour d’Italie où je gagne le prologue, je prends le maillot rose pendant quatre ou cinq jours. Et encore plus tard dans la saison, au mois de juillet, je gagne une étape sur le Tour de France, donc pour moi c’était un grand cru en 2001."

Désormais directeur sportif chez Israël Start-Up Nation, Rik Verbrugghe est aujourd’hui dans le rôle de Criquielion, dont les conseils sont toujours transmis : "La manière d’aborder et de traiter un athlète, ça, c’est quelque chose que je pense très important. Ce sont des valeurs que j’ai reçues de Claudy, que j’ai appliquées un peu à ma manière, mais c’est vrai que j’avais énormément appris à ses côtés. Le cyclisme a changé d’il y a 20 ans, par rapport à aujourd’hui, mais c’est vrai que la manière d’aborder un Mur de Huy, ça reste pareil."

Rik Verbrugghe sur la plus haute marche du podium.
Rik Verbrugghe sur la plus haute marche du podium. BELGA

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