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Journal du classique

Il y a 112 ans, le ballet L’oiseau de feu de Stravinsky voyait le jour à l’Opéra de Paris

Il y a 112 ans, le 25 juin 1910, les Ballets russes de Diaghilev présentaient pour la première fois, dans la salle de l’Opéra de Paris, le ballet L’oiseau de feu, sur une composition de Stravinsky et une chorégraphie de Michel Fokine. Le succès est immédiat et annonce le triomphe parisien de Stravinsky qui collaborera avec Diaghilev sur deux autres ballets, Pétrouchka et le Sacre du Printemps.

C’est en 1909 que Serge Diaghilev découvre la musique de Stravinsky, lors de la création du Scherzo fantastique et du Feu d’artifice de ce dernier. Diaghilev, qui vient d’achever une première saison avec les tout jeunes Ballets russes, a l’idée de commander à ce compositeur, qui est à l’aube de sa gloire, un ballet inspiré de la légende slave de l’Oiseau de feu.

Diaghilev partage cette idée avec Stravinsky qui, séduit par l’idée, part quelques jours dans les forêts de bouleaux et dans l’air frais de la neige. Stravinsky est à l’aube d’une période de fièvre créatrice. Il se ressource dans ces paysages d’une beauté troublante.

L’histoire de l’oiseau de feu l’a conquis : "Ivan Tsarevitch voit un jour un oiseau merveilleux, tout d’or et de flammes ; il le poursuit sans pouvoir s’en emparer, et il ne réussit qu’à lui arracher une de ses plumes scintillantes…"

Costume pour le ballet de l'Oiseau de feu

Ce sont les premières lignes de présentation du programme du ballet L’oiseau de feu, dont la première représentation sera donnée le 25 juin 1910, il y a 112 ans jour pour jour, à l’Opéra de Paris. Une représentation dirigée par le chef d’orchestre Gabriel Pierné.

Ce ballet en deux grands tableaux, et dix-neuf "numéros", nous plonge dans le folklore slave, dans des contrées imaginaires, et plus précisément dans le domaine de l’impitoyable demi-dieu Kachtcheï l’Immortel. Dans la chorégraphie de Michel Fokine, Ivan se retrouve dans le jardin dans pommes d’or de Kachtcheï et réussit à capturer l’Oiseau de feu. Ce dernier, en échange de sa liberté, lui offre l’une de ses plumes, lui précisant que celle-ci pourrait lui être un jour utile.

Costume d'Ivan pour le ballet l'Oiseau de feu de Stravinsky

Entre-temps, treize Princesses, captives du demi-dieu, sorte du château et jouent avec les pommes d’or. L’une d’elles, la Princesse de la Beauté Sublime, croise le regard d’Ivan qui s’était caché, et tous deux tombent tout de suite amoureux. Ivan tente alors de suivre sa bien-aimée à l’intérieur du Château de Kachtcheï mais se fait prendre et doit affronter la colère du demi-dieu, qui projette de transformer Ivan en pierre. Mais Ivan se souvient alors de la plume flamboyante que lui avait donnée l’Oiseau de feu et s’en sert contre Kachtcheï. En agitant la plume, Ivan fait apparaître l’Oiseau de feu qui plonge alors Kachtcheï et ses soldats dans un sommeil profond, laissant Ivan libre d’épouser la Princesse à la Beauté Sublime.

Dès la première représentation donnée à l’Opéra de Paris, le ballet fait l’unanimité et remporte un immense succès. C’est le début de la collaboration fructueuse entre Stravinsky et Diaghilev, qui donnera naissance aux ballets Pétrouchka et le Sacre du Printemps.

Et on ne peut terminer ce sujet sans évoquer l’un des plus beaux tableaux du long-métrage de Walt Disney, Fantasia 2000, centré sur la mort et la renaissance de la nature. Sur fond musical de l’orchestration de 1919 de L’Oiseau de feu, nous assistons à la lutte entre l’elfe de la nature, qui favorise l’éclosion des premières fleurs à la sortie de l’hiver, et la nature destructrice incarnée par cet oiseau de feu sans pitié qui brûle tout sur son passage. La séquence se termine sur l’espoir de la Renaissance de la nature, incarnée par cet elfe mais aussi par un cerf qui accompagne l’elfe, le cerf étant l’un des symboles de la renaissance et de la fertilité.

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