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Il y a 100 ans naissait Charles Mingus

Charlie Mingus
20 avr. 2022 à 13:29 - mise à jour 20 avr. 2022 à 13:343 min
Par Arnaud Quittelier

Le 22 avril 1922 naissait en Arizona le bassiste virtuose Charles Mingus. Bercé par les chorales d’églises, les compositions de Duke Ellington à la radio, c’est avec Louis Armstrong, Kid Ory et Lionel Hampton qu’il fait ses premiers pas professionnels dans les années 40.

La goutte de jazz : Charles Mingus "Goodbye Pork Pie Hat"

Corinne Boulangier, Marc Moulin

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Installé à New York dans les années 50, Charles Mingus va enchaîner ses prestations avec les plus grands noms du jazz de l’époque : Charlie Parker, Miles Davis, Duke Ellington, Art Tatum… Génie de la basse, Mingus était également particulièrement habile derrière un piano.

C’est en 1956 qu’il grave son premier enregistrement majeur "Pithecanthropus Erectus", album sur lequel Mingus va considérablement modifier les règles du jazz. Suivront trois autres albums marquants dans la discographie de Charles Mingus : "Mingus Ah Um" (1959), "Mingus Dynasty" (1959) et "Blues & Roots" (1960).

Charles Mingus Sextet, at the Konserthuset Stockholm, Sweden, April 13th, 1964 (Colorized)

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Revivez son concert à Liège

En 1965, Charles Mingus, Eric Dolphy et leurs musiciens arrivent au Palais des Congrès de Liège. Ils enregistrent un concert pour l’émission de la RTB "Jazz Pour Tous". Charles Mingus à la basse est accompagné par Eric Dolphy et Clifford Jordan aux saxophones, Jaki Byard au piano et Dannie Richmond à la batterie.

Jazz pour tous

Charles Mingus et Eric Dolphy

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Dans les années 70, Charles Mingus va effectuer de nombreuses tournées à travers l’Europe, le Japon, le Canada, L’Amérique du Sud et les Etats-Unis jusqu’en 1977, date à laquelle on va lui diagnostiquer une maladie neurodégénérative qui va le contraindre à rester dans un fauteuil roulant jusqu’à la fin de sa vie. De 1960 à 1979, Mingus est resté à l’avant-garde de la musique américaine grâce à de grandes capacités en tant que bassiste, résultat d’un travail acharné et d’un talent pour la composition "venant de Dieu" disait-il. Charles Mingus meurt le 5 janvier 1979, ses cendres seront dispersées en Inde dans le Gange par sa femme.

Deux concerts et une journée spéciale en hommage

À l’occasion du centenaire de la naissance de Charles Mingus, la web radio thématique Musiq3 Jazz propose une programmation spéciale tout au long de ce vendredi 22 avril ainsi que la diffusion de deux concerts de Charles Mingus. Le premier le vendredi 22 avril à 21 h, enregistré en 1976 à Helsinki, le second, le dimanche 24 avril à 21 h, enregistré en France lors du premier festival de jazz de Juan-les-Pins et gravé sur l’album "Mingus At Antibes". Rendez-vous sur Musiq3 Jazz, la radio 100% jazz de la RTBF.

Ecoutez Musiq3 Jazz

Rencontre dans le Jazz Magazine en 1972

Le 22 août 1972, la revue jazz Magazine rencontre Charles Mingus. L’occasion de lui poser quelques questions :

Jazzmag : Que pensez-vous de ce qui s’est passé dans le jazz depuis une quinzaine d’années ?

Mingus : Que s’est-il passé ? À vous de me le dire. Peut-être que de mon point de vue il ne s’est rien passé.

Jazzmag : Dans les années 50, le public du jazz était aussi jeune que celui de la musique pop aujourd’hui…

Mingus : Aux Etats-Unis et en Europe, le jazz est à nouveau écouté par des jeunes. Sur ce plan, ça n’a pas tellement changé. Ce sont toujours les mêmes dans Madison Avenue qui investissent dans la radio, les disques, la télévision, pour vendre… Avant le rock et tous ces trucs – appelez ça comme vous voulez – il y avait beaucoup d’autres choses qu’on peut considérer comme de la pop music… Ils ont remplacé Sinatra par autre chose, mais ils n’ont pas remplacé le jazz. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais ils sentent bien qu’ils se trompent, ils essaient de mélanger des groupes de rock et des groupes de jazz. Car s’il y en a qui s’intéressent au rock, il y en a toujours d’autres qui aiment le jazz.

Jazzmag : Que pensez-vous de ce qu’on appelle "Free Jazz" ?

Mingus : Je ne pense pas que tout est bon dans le jazz… Par exemple, cette espèce de musique folklorique que font certains types… Peut-être qu’ils se foutent de nous… Peut-être… Je ne sais pas…

Des paroles traitant parfois du racisme et de la ségrégation

En 1960, enregistré sur le label Candid, lui laissant plus de liberté que d’autres plus grands labels sur lesquels il avait l’habitude d’enregistrer, l’album "Charles Mingus Presents Charles Mingus" donne l’illusion d’être enregistré en public. Pour ce faire, Charles Mingus introduit chaque titre avec un petit texte non dénué d’humour ou de revendications plus politiques. Jusqu’à la fin du mois d’octobre 1960, Mingus était à Greenwich Village dans un endroit dont la pièce ne correspondait pas à la sonorité qu’il désirait pour la captation. C’est donc finalement en studio, mais en "faux live", que s’enregistra l’album "Charles Mingus Presents Charles Mingus". Le célèbre contrebassiste est accompagné d’Eric Dophy au saxophone alto et à la clarinette basse, Ted Curson à la trompette (ces deux musiciens voulant quitter Mingus avant l’enregistrement de l’album) et Dannie Richmond à la batterie. Une formation judicieusement surnommée "The Jazz Workshop".

Charles Mingus : "Charles Mingus Presents Charles Mingus" (Album)

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