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Drame migration

Il va manquer des places pour les mineurs non accompagnés en Belgique

Il va manquer des places pour les mineurs non accompagnés en Belgique
12 avr. 2016 à 08:08 - mise à jour 12 avr. 2016 à 13:421 min
Par RTBF

Le secrétaire d’Etat Theo Franken (N-VA) a visité ce mardi matin le nouveau bâtiment au Centre d’orientation et d’observation pour MENA, à Steenokkerzeel, en périphérie bruxelloise. Il s'agit d'un bâtiment modulaire flexible. Ce nouveau local sert de salle de cours ou de lieu de détente pour les jeunes.

Les MENA, ce sont des demandeurs d’asile mineurs, seuls, sans aucun adulte pour les accompagner.

Le Centre de Steenokkerzeel a atteint les limites de sa capacité, soit 80 places. La moyenne d'âge est de 15 ans et demi. Rien que l’année dernière, la Belgique a accueilli près de 5000 nouveaux MENA.

Les beaux jours qui reviennent, pourraient être à nouveaux de tristes jours, des jours meurtriers en Méditerranée. Les conditions météo seront plus propices pour tenter la traversée. Rien que lundi, la marine italienne a sauvé de la noyade 1850 personnes.

Pour les mois de janvier et février, près de 500 mineurs étrangers non-accompagnés sont arrivés en Belgique. Si la situation semble sous contrôle pour l'instant, elle pourrait rapidement se compliquer.

Préparation à l'autonomie

Pour bien comprendre, il faut décortiquer le parcours d’accueil des MENA. Une fois signalé, le jeune va d’abord intégrer un Centre d’observation et d’orientation. Ensuite, et selon le profil, il va être dirigé vers un Centre collectif, vers l’Aide à la Jeunesse ou vers des familles d’accueil. Là, le manque de place commence déjà à se faire ressentir.

Vient ensuite, la troisième phase, la préparation à l’autonomie. Le goulot d’étranglement se trouve là, selon Katja Fournier, coordinatrice à la plateforme "Mineurs en Exil": "Si on n’a pas encore un problème au niveau de l’accueil en troisième phase, on va bientôt l’avoir parce que tous les jeunes qui sont arrivés en 2015, maintenant ils vont devoir rentrer dans ces places et il y a 219 places pour tout le territoire belge".

Pour compliquer le tout, pour sortir du parcours d'accueil, le jeune doit trouver un logement. C'est de plus en plus difficile : les loyers sont élevés et il faut convaincre les propriétaires, ce qui risque de bloquer, à terme, toute la logique du système d'accueil des mineurs non-accompagnés.

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