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Il ne faut pas oublier la tuberculose : les diagnostics de tuberculose à la traîne à cause du Covid

Il ne faut pas oublier la tuberculose : les diagnostics de tuberculose à la traîne à cause du Covid
21 janv. 2022 à 05:002 min
Par Juliette Hariga

70 enfants d’une école maternelle namuroise ont dû être testés cette semaine. Pas pour le covid mais pour la tuberculose !

Une petite fille de 3 ans a été diagnostiquée positive, il a fallu des semaines pour poser ce diagnostic. La directrice de cette école namuroise n’en revient pas d’avoir dû mener ce dépistage dans son école. "En 40 ans de métier, je n’ai jamais connu ça. Plus personne ne pense à cette maladie. Mes institutrices pensaient qu’elles étaient vaccinées et qu’on vaccinait encore les enfants, or ce n’est pas du tout le cas. Et on a mis énormément de temps à diagnostiquer cette petite fille. Apparemment les médecins n’y pensent pas automatiquement surtout en cette période de Covid. Quand un enfant tousse on pense au covid ou à une bronchite. Elle est absente depuis la mi-novembre et elle a été hospitalisée deux fois et c’est la troisième fois finalement, alors qu’elle n’allait toujours pas mieux, qu’elle avait toujours de la fièvre, etc., que le diagnostic a été posé".

Ce que vit cette école namuroise est assez représentatif des difficultés rencontrées aujourd’hui pour le diagnostic de la Tuberculose.

La tuberculose pulmonaire est une maladie contagieuse qui existe toujours en Belgique. Chaque année environ 1000 nouveaux cas sont diagnostiqués. Mais la maladie peut parfois se confondre dans un premier temps avec le covid. Fièvre, toux, affaiblissement général, les symptômes sont similaires à ceux du Covid La crise sanitaire a entraîné des retards de diagnostics. Julie Cornet est infirmière au FARES Namur Brabant wallon, et c’est son ressenti depuis deux ans. Le FARES, c’est le fond des affections respiratoires. l’asbl est chargée de coordonner les activités de prévention et de surveillance de la tuberculose en Région wallonne et en Région de Bruxelles-Capitale. " Vu la confusion avec la covid, on traîne dans les diagnostics, explique Julie Cornet, on diagnostique les tuberculoses beaucoup plus tardivement donc ce sont des cas beaucoup plus lourds. Et du coup des dépistages plus importants. C’est un mélange de choses, Le médecin qui est pris par le covid et qui ne pense pas nécessairement à la tuberculose, les patients qui tardent à aller à l’hôpital. On a rattrapé des cas de tuberculose qui datent du premier confinement".

L’infirmière du FARES a réalisé 70 intradermo-réaction durant une matinée dans cette école namuroise. Cela consiste à injecter de la tuberculine sous la peau de l’avant-bras. Quelques jours plus tard elle viendra vérifier les réactions éventuelles sur les bras des enfants. Des réactions qui en fonction de leur taille et de leur épaisseur, peuvent être considérées comme un signe de contamination.

La tuberculose est aujourd’hui une maladie qui se soigne bien. Mais le traitement est assez contraignant ; il repose sur la prise quotidienne d’une association d’antibiotiques pendant six mois. La tuberculose touche tous les milieux et pas seulement les plus vulnérables.

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