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"Il manque chez nous une culture du risque" : les pompiers de la zone Vesdre font le bilan un an après les inondations

Le major des pompiers de la zone Vesdre, Quentin Grégoire, un an après les inondations.
13 juil. 2022 à 14:36Temps de lecture2 min
Par Erik Dagonnier (mis en page par M. Lehnertz)

"Il manque chez nous une culture du risque"... C'est le principal constat du major des pompiers de la zone Vesdre, Quentin Grégoire, un an après les inondations. Celui qui dirige la zone de secours Vesdre-Hoëgne & Plateau a vécu en direct la catastrophe.

Le manque de matériel

Zone de Secours Vesdre-Hoëgne & Plateau

Entre 140 et 180 pompiers étaient sur le terrain, avec un sentiment d'impuissance vécu par ces hommes en intervention dont le métier est d'aider les citoyens. Lors de la catastrophe, de nombreux bateaux amenés de l'étranger ou des engins de chantier n'ont pas pu  intervenir à cause du courant... Dans son bilan, ce n'est pas le manque de matériel que dénonce en priorité le major des pompiers :

Demain, ce sera des tornades, des feux de forêt, des chaleurs extrêmes.

"Est-ce que la zone de secours doit s’équiper d’un bateau, bateau qui 364 jours par an sera inutilisable ? On n’a pas de cours d’eau avec un tirant d’eau suffisant que pour mettre le bateau à l’eau. Et donc le personnel n’aura pas l’habitude de travailler avec. La question est de savoir le matériel nécessaire pour cela".

La question d'une équipe "inondations"

Zone de Secours Vesdre-Hoëgne & Plateau

Interrogé sur la nécessité ou non d'une équipe "inondations", le major de la zone Vesdre répond : "C’est une question qui est à poser, mais qui doit rentrer dans la globalité de savoir si ce sont les zones de secours ou si c’est la protection civile ? Cette étude-là est en cours au niveau du ministère de l’intérieur".

Les pompiers doivent savoir tout faire de base, mais il y a des spécialisations.

Et d'étayer : "En Belgique, qu’il y ait des équipes spécialisées qui peuvent intervenir, qui sont formés et qui ont, du coup, une certaine habitude, c’est une réflexion qui est en cours. Je prends le parallélisme avec les équipes GRIMP. Les pompiers sont un peu des couteaux suisses. Ils doivent savoir tout faire de base, mais il y a des spécialisations. Il y a tout ce qui est chimique, tout ce qui est radiologie, tout ce qui est GRIMP, donc des recherches et des interventions en milieu périlleux, mais c’est quelques personnes qui se forment très souvent au risque".

Anticiper pour mieux gérer la crise

C’est un domaine qui est, selon moi, trop souvent oublié.

Zone de Secours Vesdre-Hoëgne & Plateau

L'Université de Liège s'est penchée sur les inondations de juillet 2021 et le constat est le suivant : d’ici 2050, dans la vallée de la Vesdre, nous vivrons une à deux fois des pluies comparables.

Sans parler des canicules et fortes chaleurs annoncées pour le futur, comme le confirme le major : "Demain, ce ne sera pas des inondations. Ce sera des tornades. Ce sera des feux de forêt. Ce sera des chaleurs extrêmes. Et donc, il faut qu’en Belgique, on se donne les moyens d’avoir une gestion de crise de A à Z, à savoir : d’abord l’anticipation, l’explication, au niveau des citoyens, au niveau des autorités, au niveau des disciplines, de savoir comment on peut se préparer avant que la crise ne survienne. C’est un domaine qui est, selon moi, trop souvent oublié".

Et d'ajouter : "Quand on sait qu’on a réquisitionné des camions et des grues qui travaillent dans des mines ou dans des carrières. Imaginez un véhicule avec une roue qui fait entre 1,5 et 2 mètres de diamètre, et qu’on nous dise que c’est trop dangereux pour, eux, d'accéder sans se mettre en danger. C’est des engins qui passent d’habitude partout. En termes de matériel, on est là dans de la réaction. Si jamais, au préalable on avait fait en sorte dans un monde idéal qu’il n’y a pas de gens à sauver à cet endroit-là, on n’aurait pas du avoir de bateau, ni des engins de la génie civile".

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