Coupe du Monde 2022

"Il faut éviter de tomber dans une forme d’hypocrisie et d’indignation à deux vitesses", estime Michel de Maegd au sujet de la coupe du monde

Michel de Maegd : "Il faut éviter de tomber dans une forme d'hypocrisie ou d'indignation à deux vitesses"

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La coupe du monde 2022 approche à grand pas. Et si de nombreux fans de foot attendent le 20 novembre avec impatience, d’autres voient la compétition d’un mauvais œil. Le premier événement international post-covid est vivement critiqué. Ce qui fâche, ce sont d’une part les décès mystérieux d’un nombre inquantifiable d’ouvriers ayant participé à la construction des stades et d’autre part la forte empreinte carbone que pourrait laisser le mondial.

Selon les estimations en effet, la coupe du monde du Brésil (2014) a engendré près de 2,7 millions de tonnes de CO2, la coupe du monde de Russie (2018), 2,1 millions de tonnes de CO2. La coupe du monde du Qatar engendrerait elle près de 3,6 millions de tonnes.

Pour Carine Thibaut, porte-parole de Greenpeace, c’est inacceptable. "C’était une aberration environnementale et sociale de choisir le Qatar", affirme-t-elle. "Comment va-t-on faire pour organiser des événements sportifs qui respectent les limites planétaires ?" Pour l’organisation, les affirmations de la FIFA et du Qatar selon lesquelles la coupe sera neutre en carbone sont fausses. "C’est du greenwashing à cause des stades climatisés mais aussi à cause de la compensation carbone. Les compensations carbones, ce sont les indulgences du 21ème siècle. Cela signifie qu’on émet du carbone puis qu’on le compense en plantant des arbres ou en faisant des panneaux solaires. Mais ça ne marche pas parce qu’on ne sait pas combien de temps les forêts vont vivre ni ce qu’elles seront capables de capturer. Et les résultats des panneaux solaires ne se verront que sur du long terme. On a donc un immense problème avec ce type d’événement sportif."

Carine Thibaut : Greenpeace a "un immense problème avec le greenwashing de la coupe du monde au Qatar"

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"La critique écologique est l’aberration la plus absolue"

"On peut faire des milliards de critiques, mais je trouve que la critique écologique est l’aberration la plus absolue", réagit Sébastien Boussois, chercheur en science politique à l’ULB et spécialiste du Moyen Orient.

"On ne peut pas rendre responsable les trois millions de personnes qui vivent au Qatar du réchauffement climatique, des 40°… Il n’y aura déjà que 20° à cette période, on ne mettra donc probablement pas cette fameuse climatisation qui n’en est pas une. C’est un système de refroidissement de l’air au niveau de la pelouse et c’est recyclé. De plus tous les pays arabes qui ont 40-45° mettent la climatisation. Et ce sera un jour le cas en Belgique aussi."

Il ajoute : "Et même l’émission de CO2 liée à l’extraction de gaz sera récupérée dans des ballons donc tout est recyclé. Je trouve ça incroyable que lors de la prochaine coupe du monde, les joueurs devront parcourir des milliers de kilomètres d’un stade à un autre. Ici, il n’y en aura que quelques dizaines et les Qataris ont installé un métro."

Sébastien Boussois : "La critique écologique de la coupe du monde est une aberration"

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Pour le député fédéral MR Michel De Maegd aussi, il convient de "ne pas tomber dans une forme d’hypocrisie et d’indignation à deux vitesses" : "En réalité, tous les événements de grande ampleur que l’on organise dans le monde génèrent des pollutions massives. Je n’ai pas entendu la même indignation pour les JO de Pékin ou de Sotchi", explique-t-il.

"Et même pour la COP27, les conférences pour le climat des Nations Unies, il y aura des milliers de personnes qui se déplaceront en avion. Ça ne générera pas de pollution ? Alors, pour être de bon compte avec la planète, les GSM que l’on utilise tous les jours sont responsables de combien d’enfants morts dans les mines d’Afrique ? C’est tout un système qu’il faut revoir en profondeur. Mais faire un procès spécifique au Qatar est un peu injuste."

"L’hypocrisie, c’est quand on dit qu’il y a 3,6 millions de tonnes de CO2 d’empreinte du Qatar", réagit enfin Georges Chebib, entrepreneur belge au Qatar. "Là-dedans, il y aura leurs infrastructures – que nous avons construites aussi – et 1,5 million touristes qui vont venir sur un mois. On oublie qu’à Paris, il y en a 86 millions sur une année pour 120 millions de tonnes de CO2. Alors que fait-on ?"

Georges Chebib : "Il y a beaucoup d'hypocrisie avec la coupe du monde"

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