Ikea accusé d'espionnage sur ses employés et clients

Ikea accusé d’espionnage sur ses employés et clients

© Tous droits réservés

29 févr. 2012 à 10:38Temps de lecture2 min
Par F. Genette
D'après Le Canard Enchainé, Ikea aurait le pouvoir d'accéder aux fichiers de police relatifs à ses employés et certains de ses clients. Pour y parvenir, le géant du meuble aurait passé un accord caché avec la section "recherche" de la société Sûreté internationale. Un pacte qui existerait depuis plusieurs années et qui coûterait à la firme suédoise la modique somme de 80 euros par information.

Pour étayer ses dires, l'hebdomadaire d'investigation français publie plusieurs e-mails envoyés par le directeur du risque de la filiale française d'Ikea concernant le profil de plusieurs travailleurs de l'entreprise. Petit florilège :

"Merci de me dire si antécédents SVP concernant cette personne. A priori déjà connue pour vol."

"Concernant la personne ci-dessous, pouvez-vous savoir pour quels motifs il a été convoqué en justice ?"

"On a un collaborateur qui vient de l'ANPE et roule en Porsche Carrera, pouvez-vous me dire à quel nom elle est immatriculée ? Et si ce nom est différent du collaborateur ?"

"Personne en embauche sur le magasin de Paris Nord. Merci de me donner son casier."

"Son discours est antimondialiste, ses méthodes 'vieille garde CGT' (se bouche les oreilles et répète sans cesse la même chose concernant ses acquis). Syndicalisme ? Correspond pas trop au profil de sa dame. Prosélytisme divers ? ATAC ou autres ? Risque de menace écoterroriste ?"

"Pourriez-vous me dire qui est propriétaire de cette Golf ? Cette personne est-elle connue des services ?"


Le fichier Stic, un outil de police très contesté

Pour informer Ikea, la société Sûreté Internationale aurait puisé dans le fichier de police appelé "système de traitement des infractions constatées" ou "Stic" en abrégé. Une base de données qui comporte la bagatelle de 44,5 millions de noms rapportés, ce qui ne l’empêche pas d’être fustigée par les syndicats et les associations de droits de l’homme qui lui reprochent d’être truffée d’erreurs, comme le rapporte le quotidien Libération.

Par ailleurs, selon un ex-commandant de police contacté par France Info, le Stic serait fréquemment utilisé par de nombreuses autres entreprises pour se renseigner sur leurs salariés. Ce dernier a été révoqué de la Police nationale il y a quelques années pour avoir dénoncé les dérives de ce système.

Quoiqu’il en soit, plusieurs représentants syndicaux d’Ikea ont décidé de porter plainte aujourd’hui. Si de telles accusations venaient à être confirmées par un tribunal, les responsables de cet acte d’espionnage risqueraient cinq ans de prison et 300 000 euros d’amende pour utilisation frauduleuse de données personnelles.

F. Genette


Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Canada: l'espion vendait des infos sur les USA, l'Angleterre et l'Australie

Monde

La venue d'Ikea à Mons ne fait pas que des heureux

Regions

Articles recommandés pour vous