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Humilité, organisation, esprit d'équipe, solidarité : Charleroi n'a pas volé son 18/18 historique

Ou s'arrêtera Charleroi?
21 sept. 2020 à 06:10Temps de lecture3 min
Par Alice Devilez

Le Sporting Charleroi est en tête du championnat. Loin d’être champion, pas encore assuré d’être dans le top 4 synonyme de PO1. Mais, Charleroi est en train de marquer les esprits. Dans la continuité de sa très bonne saison de l’an dernier.

Les Carolos ont remporté leurs six premières rencontres… un 18 sur 18 historique pour le club du pays noir. Douze buts marqués pour deux encaissés. Des résultats impressionnants, un niveau très convaincant, mais aussi et surtout un état d’esprit humble, solidaire… Felice Mazzu a réussi à fédérer un groupe, Karim Belhocine parvient à le sublimer. Le club s’est forgé une réputation en dehors les terrains. Familial, bon enfant, accessible… Sur le terrain également : bien organisé, solidaire… Et désormais, les adversaires et les observateurs les prennent au sérieux.

Les pieds sur terre, la solidarité avant tout

Un groupe avant les individualités
Un groupe avant les individualités VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Un exercice en particulier met en évidence l’esprit qui règne à Charleroi. Les interviews d’après-match. Moment où chacun se refile les lauriers, comme pour ne surtout pas céder à une pression extérieure.

Belhocine ne veut surtout pas assumer sa part de "gloire", carrément gêné d’être rappelé par les supporters… "J’essaie de travailler au jour le jour mais je n’ai pas couru, je n’ai pas fait 10 kilomètres, je n’ai pas gagné de duel, j’ai juste essayé de les accompagner et de les aider du mieux possible. Ils me donnent plus que ce que je leur donne."

Celui que certains considéraient comme un meneur d’hommes, un bon copain dans un vestiaire, commence à se rendre compte qu’il possède aussi un esprit tactique. Et s’il refuse de se mettre en évidence, ce Charleroi-là lui doit une partie de son succès actuel. "C’est sa récompense à lui aussi, avec tout le travail qu’il fait", rappelait encore Steven Willems après la rencontre face au Beerschot.

Du côté des joueurs, on salue le travail de l’entraîneur, mais aussi le niveau de l’adversaire et puis surtout, on veut garder les pieds sur terre. Le fameux "match après match" rituel des interviews d’après-rencontre semble être appliqué à la lettre par des Carolos qui avancent sans précipitation.

Après le duel face au Beerschot, Marco Ilaimaharitra trouvait les mots pour exprimer l’état d’esprit général : "C’est très bien, mais le foot c’est une éternelle remise en question. Donc on va profiter ce soir et demain c’est reparti […] Il ne faut pas s’enflammer, il faut rester concentrés, et faire comme on fait depuis toujours : prendre match après match et continuer ce que l’on fait."

L’entente entre les joueurs à l’interview, et sur le terrain surtout : "Que ce soit avec Guillaume, avec Christophe, avec Gaetan, avec Ryota c’est pareil. On s’entend tellement bien tous, qu’une fois sur le terrain ça se fait naturellement. Peu importe qui se retrouve au milieu, on est tellement complémentaire que cela se fait naturellement." Marco Ilaimaharitra met la en évidence quelque chose qui saute aux yeux avant et après les rencontres, l’ambiance est bonne, et les joueurs s’entendent particulièrement bien.

Eviter l'excès d’humilité

Charleroi ne doit pas avoir peur de prendre une autre dimension
Charleroi ne doit pas avoir peur de prendre une autre dimension VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Que de louanges, que de points positifs ! Toujours plus facile évidemment de pointer tout ça quand une équipe est au sommet de la vague. On perçoit quelques fragilités au sein de l’équipe malgré tout. Principalement dues à la faible profondeur de banc… Sur la longueur, il faudrait donc un peu de chance pour que les Zèbres tiennent l’enchaînement des matches, surtout s’ils parviennent à disputer les phases de groupe de l’Europa League.

Mais une des forces du Sporting Charleroi actuellement, son humilité, pourrait elle aussi se transformer en faiblesse au moment où les choses deviendront sérieuses. S’ils maintiennent ce niveau, les Carolos ne pourront plus se cacher très longtemps, et le titre devra être considéré comme une option parmi d’autre. Il faudra chasser la gêne d’être premier, d’être rappelé par les supporters, de faire un peu peur aux adversaires. Charleroi a grandi au fil des dernières décennies. Et s’il est bien trop tôt pour parler de titre, le club doit se rendre compte qu’il a passé un pallier. Il va falloir trouver un juste milieu entre son identité, et ses nouvelles ambitions bien justifiées.

En attendant, Charleroi fait souffler une sorte de vent de fraîcheur sur le championnat belge, espérons que cela inspire d’autres équipes !

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