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Hornu : deux médecins et l'hôpital Epicura dans la tourmente après le décès d’un adolescent de 14 ans

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© PxHere

Le 28 novembre 2015, un adolescent de quatorze ans, Antonio, décédait à son domicile. Quelques heures plus tôt, l’enfant avait été admis aux urgences de l’hôpital Epicura d’Hornu. Comme symptômes, il avait des frissons et de la fièvre.

Un médecin urgentiste, sous les conseils d’un pédiatre joint par téléphone, a renvoyé le garçon chez lui. Le diagnostic posé était un début de grippe pour laquelle une aspirine et un anxiolytique ont été administrés à l’enfant.

Mais Antonio ne souffrait pas d’une simple grippe, il souffrait d’une maladie auto-immune, le syndrome Opsi, depuis qu’on lui avait enlevé la rate à l’âge de cinq ans.

L’état de santé de l’adolescent s’est rapidement dégradé et il est mort dans les bras de ses parents. Convaincus que l’hôpital et deux médecins ont commis une faute, les parents se sont constitués parties civiles.

Collège d’experts

Lundi, lors de la première audience consacrée à cette affaire, le tribunal correctionnel de Mons a auditionné un collège d’experts, composé de médecins.

Le samedi 28 novembre 2015, c’est un médecin spécialisé en chirurgie vasculaire qui était de garde aux urgences. Il ne s’est pas rendu compte du risque infectieux, malgré les frissons, signes d’infection, dont se plaignait Antonio.

Selon le collège d’expert, "ce risque infectieux aurait dû interpeller le médecin urgentiste, indépendamment de sa spécialisation". De plus, le médecin avait la possibilité de consulter la littérature médicale sur divers supports, notamment sur internet.

Le dossier médical

Ce jour-là, le médecin urgentiste s’est contenté d’aller chercher conseil auprès du pédiatre de garde, par téléphone. Il ne savait pas qu’il existait un dossier au nom d’Antonio, mentionnant ses antécédents.

"Ce n’est pas étonnant si ce médecin n’avait jamais vu cet enfant. Toutefois, il avait accès au dossier médical dans son ordinateur", raconte un expert. Son confrère ajoute : "Il fallait absolument dresser un tableau général du patient, avec ses antécédents". Le médecin urgentiste, prévenu d’un homicide involontaire par défaut de prévoyance, répond qu’il n’a pas eu accès aux éléments relatifs à l’épisode de 2010, quand le jeune homme avait été soigné à l’aide d’un antibiotique par intraveineuse. "L’enfant a dû être soigné dans un autre hôpital", dit-il. Toutefois, un expert mentionne que cet élément figure dans le dossier et vient … d’Epicura.

Pour les experts, un médecin urgentiste doit prendre connaissance du dossier médical et écouter les parents pour apporter les soins nécessaires au patient. Or, ces derniers réclamaient un antibiotique. Les parents du défunt indiquent qu’ils ont informé le médecin des antécédents de leur fils et d’une vaccination contre le pneumocoque. Cet élément n’aurait pas été pris en compte.

Deux malaises

Antonio a fait deux malaises, l’un en radiologie et l’autre dans la salle d’attente. Ils ne sont pas mentionnés dans le dossier. Les experts l’ont appris par les auditions réalisées plus tard au sein des urgences …

Enfin, le seul relevé des paramètres figurant dans le dossier ne concerne que les prises de température. Il n’y a rien d’autre. Ce point étonne aussi les experts, lesquels ont mis en évidence quelques erreurs.

Les plaidoiries auront lieu le 5 décembre.

 

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