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Regions Liege

Hôpitaux liégeois : chaque patient accueilli en fonction de la gravité… pas du Covid

On ne trie déjà plus les urgences en Covid et non Covid dans les hôpitaux liégeois.
13 janv. 2022 à 10:19 - mise à jour 13 janv. 2022 à 15:262 min
Par Françoise Dubois

A l’avenir, si la situation sanitaire devait se dégrader, les patients Covid ne seraient plus nécessairement prioritaires dans les hôpitaux.

C’est en tout cas ce qu’il ressort du plan d’urgence préparé par les autorités de la santé publique.

Aujourd’hui, par exemple en phase 1b, 50% des lits doivent être réservés à ces patients COVID et c’est même 75% en phase 2b.

Mais cette priorité engendre d’autres soucis et ne correspond plus à la réalité du terrain. S’il devait y avoir des phases 3 ou 4, les dispositions seront différentes.

Logique médicale et plus arithmétique

"Il y a une inversion de la logique qui prévalait jusqu’ici. A partir de la phase 3, ce serait l’état du patent qui compterait qu’il soit Covid ou non Covid", explique jean Louis Pépin, le Directeur médical du CHR de la Citadelle. La plupart des hôpitaux, ces derniers mois n’appliquaient déjà plus à la lettre les directives des précédentes phases : "on s’est rendu compte que des patients non-Covid qui souffraient d’affections cardiaques ou neurochirurgicales n’étaient pas pris en soins et avaient des complications dues à ce retard de soins alors qu’on avait des lits vides qui étaient réservés pour des patients Covid." Selon les nouvelles dispositions, c’est qu’à l’avenir, l’hôpital accueillerait tout patient en fonction de la gravité de son état et en fonction des lits disponibles : "ce sont des critères médicaux qui vont prendre le pas sur des critères purement arithmétiques", ajoute Jean-Louis Pépin.

Moins d’admissions en soins intensifs avec Omicron
Moins d’admissions en soins intensifs avec Omicron CHC

Un triage plus aigu si on en arrivait à une phase 3 ou 4 ?

Globalement, les patients Covid admis en soins intensifs sont moins nombreux. A la Citadelle, par exemple, ils occupent actuellement 13 lits sur les 42 disponibles. Et dans cet hôpital en tout cas, la majorité des cas positifs Covid qui arrivent en urgence sont des patients qui souffrent également d’autres pathologies. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, depuis un certain temps également, il n’y a plus de flux différent entre urgences Covid ou non.

Au CHC du Mont Légia, le constat est identique : "ne plus prioriser les patients Covid, ça nous permettra de prendre en charge dès qu’ils arrivent et de plus préréserver des lits potentiellement vides si les patients Covid n’arrivaient pas. On ne donnait déjà plus cette priorité. Un patient Covid léger sera pris en charge moins rapidement qu’un patient qui arrive avec un infarctus ", explique Yannick Neybuch, Directeur médical du CHC. Mais ce qui inquiète le Docteur Neybuch, c’est le flou du terme "triage" dans ces nouvelles circulaires : " c’est stopper les soins non urgents mais, même si ce n’est pas clair, c’est aussi devoir refuser des soins à des patients pour lesquels ils seraient absolument nécessaires. En sachant que le patient qu’on renvoie à la maison, il y aura une perte de chance au niveau pronostic. C’est une sorte de médecine de guerre à laquelle on espère ne jamais devoir arriver."

Tout cela n’est encore, pour l’instant, qu’un plan théorique puisqu’on est loin de phases 3 et 4. Le souci actuel des hôpitaux reste essentiellement la pénurie de personnel, touché, comme dans d’autres secteurs, par le variant Omicron.

 

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