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Guerre en Ukraine

Hôpital bombardé en Ukraine : "C’est purement civil, il n’y a pas de militaires à cet endroit"

10 mars 2022 à 15:51Temps de lecture2 min
Par Estelle De Houck avec Daniel Fontaine

Un hôpital pédiatrique de la ville de Marioupol a été la cible de frappes aériennes russes ce mercredi soir. Le bilan du bombardement s’élève à trois morts et 17 blessés. Si cette frappe a ému le monde entier, pour les Ukrainiens résidant à l’étranger, c’est un nouveau déchirement.

"Quand j’ai vu ça, j’étais déchiré", explique Igor Leontiev. Cet Ukrainien vit à Paris mais a grandi à Marioupol, à côté de l’hôpital pour enfants. "Attaquer l’hôpital des enfants, c’est inadmissible."

La maman d’Igor était cheffe du département de néonatologie de ce grand hôpital. Certes, elle a pu quitter la ville au début de l’offensive russe pour rejoindre son fils, mais ce bombardement est un moment difficile pour l’Ukrainienne.

Elle a passé énormément de temps dans cet hôpital, c’était sa deuxième maison

"Elle a pleuré, elle était déçue… Parce qu’elle a passé énormément de temps dans cet hôpital, c’était sa deuxième maison", explique Igor. "Elle est choquée."

Hier, mère et fils ont suivi avec angoisse les rares informations sur le bombardement de l’hôpital. La maman d’Igor a toutefois pu joindre un responsable de l’hôpital, lui confirmant qu’il y avait des morts et des blessés.

Le bilan

"Mais le bilan n’est pas clair, même aujourd’hui", explique Igor. "Il n’y a pas de connexion avec ma rue, il n’y a pas de réseau… La ville est coupée : il n’y a pas d’électricité, de gaz, ni de chauffage." Les informations ne parviennent donc que très difficilement.

Igor trouve toutefois une explication au nombre limité de victimes du bombardement. D’après lui, une partie des patients avaient été déménagés par précaution dans un abri situé dans les sous-sols. "C’est un vrai abri qui protège bien des bombes. Et donc même pendant les attaques, ils pouvaient faire des opérations."

Une zone militaire ?

Moscou affirme que l’hôpital avait été transformé en garnison pour le régiment Azov. Mais Igor réfute et assure qu’il n’y avait aucun élément militaire à cet emplacement. "C’est purement civil, il n’y a pas de militaires à cet endroit", assure-t-il.

On ne l’oubliera pas et on ne le pardonnera pas

Cette guerre va donc laisser des traces. "Concernant la relation avec le voisin, cela ne va pas être pardonné. J’en suis sûr, les gens vont s’en souvenir", confie Igor. "Ils sont venus sur notre territoire, ils n’avaient rien à faire ici et ils sont en train de bombarder les villes… On ne l’oubliera pas et on ne le pardonnera pas", conclut l’Ukrainien.

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