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Hoorsees : entretien relax autour d’une bière avec le quatuor parisien

Hoorsees : entretien relax autour d’une bière avec le quatuor parisien
25 janv. 2022 à 12:406 min
Par Aline Glaudot

Ça fait presque trois ans maintenant que ce quatuor parisien nous replonge dans les tréfonds d’une époque qu'ils ont connu enfants mais dont ils ont admirablement intégré les codes en grandissant, les 90'. Tout droit sortis d’un clip de l’ultra top hit façon MTV, quelque part entre Green Day, Weezer et les Smashing Pumpkins, ils balancent, non sans une certaine désinvolture, leur pop punk à la nostalgie solidement assumée. Après leur remarquable premier album éponyme sorti en 2021, ils lâchaient il y a quelques jours Week-end At Bernie’s, premier extrait d’un second disque A Superior Athlete à paraître le 22 avril prochain chez Howlin’Banana Records et chez les ricains de Kanine Records.

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Jam a eu la chance de taper la discu' autour d’une bière avec Alex, Nico, Zoé et Thomas en octobre dernier lors de leur discret passage à la Zone à Liège. De cette petite entrevue on a notamment appris qu’ils ont déjà joué à New-York mais aussi devant deux personnes au café des Trois Auvergnats à Beaumont en Belgique, que le chanteur est fan de PNL et qu’il était en classe avec Wejdene.

Hoorsees- La Zone, Liège- Octobre 2021
Hoorsees- La Zone, Liège- Octobre 2021 Aline Glaudot

Salut Hoorsees ! On ne s’attendait pas à vous rencontrer à Liège pour un premier concert, c’est plutôt une bonne surprise !

Alex : C’est un peu un hasard, ça devait déjà avoir lieu il y a 6 mois : à la base on était en contact avec un monsieur pour jouer à Arlon et il nous a proposé de passer à Liège en même temps. On a déjà joué en Belgique à Bruxelles au Volta, début 2020, et juste avant à Beaumont, devant deux personnes, au café des Trois Auvergnats. Même qu’ils nous ont donné les clés du bar à la fin (rires)!

Pour le public belge qui ne vous connaît pas beaucoup, vous faites les présentations ?

Nico : Moi je suis à la batterie, je fais les chœurs et je conduis la voiture d’Hoorsees. Thomas joue de la guitare et fait les chœurs, Zoé est à la basse et aux chœurs également et Alex est au chant, à la compo et à la guitare.

Comment vous en êtes venus à créer Hoorsees ?

Zoé : On s’en rencontré de salles obscures en salles obscures. D'abord Alex et moi, puis on a rencontré Thomas et Nico.

Alex : Oui, le groupe je l’ai monté avec Zoé à la base, qui était mon élève quand j’étais prof de guitare et de basse. J’avais un autre groupe à l’époque et je lui ai fait écouter des démos, lui ai proposé de jouer avec moi et de fil en aiguille on a trouvé d’autres gens.

Et le nom signifie quoi concrètement ?

Thomas : C’est une contraction d’un titre du premier EP du groupe qui s’appelle Horror Sees, c’est simplement la contraction des deux mots.

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Vous êtes brandés 90’s voir 80’s mais, finalement, vous avez plutôt grandis avec des groupes comme Green Day, Blink 182, The Offspring

Zoé : Oui c'est vrai mais quand tu grandis avec du Nirvana, du Blink, du Offspring, tu finis d’office en grandissant par écouter les groupes qui ont influencé tes idoles ou ceux dans la même veine.

… et si vous deviez vous décrire alors ?

Zoé : C’est toujours compliqué de répondre mais on va dire du rock influencé par les années 90.

Alex : Ça dépend du receveur mais on essaye de faire du rock de pas trop mauvais goût.

Nostalgique ? Oui mais en même temps, rock et nostalgie c’est un pléonasme. C’est forcément nostalgique à partir du moment où on vit dans une société où on est les seuls encore à utiliser des vrais instruments pour faire du son.

Mais on comprend l’évolution des choses. Quand j’écoute PNL, un groupe que j’adore, je n’ai pas du tout l’impression d’être en phase avec mon époque, ils ont cerné beaucoup plus de choses que moi. Ils disent beaucoup plus de choses qui parlent aux gens de leur génération. Alors nous, forcément, c’est nostalgique mais ce n’est pas pour ça que ça n’a pas vocation à vivre dans le présent. On fait perdurer un patrimoine.

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Vos clips et vos visuels aussi sont vachement inspirés de cette époque, vous semblez utiliser les mêmes codes, qu’est ce qui vous séduit là-dedans ?

Nico : Au début c’était d’abord sincèrement plus par manque de moyen que pour coller à l’esthétique du son. Maintenant on a un peu envie de sortir de ça parce que les gens pensent qu’on essaye trop de coller à cette époque-là. Et finalement on n’accorde pas tant d’importance que ça au clip. C’est plus un prétexte. Le clip est là pour servir la musique.

Alex : C’est plus une corvée, il n’y a ni ambition, ni argent. C’est ce qu’on a trouvé de moins de pire.

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Il y a un de vos clips, tourné sur un parking de Buffalo Grill de banlieue, qui est quand même assez génial. Cet endroit semble terriblement creepy et ennuyeux mais vous avez presque réussi à le sublimer pour servir votre morceau, vous êtes d’accord avec ça ?

 

Alex : C’est un endroit à côté de chez moi, quand j’étais petit, un peu particulier, proche de l’enfer. Mais ça te marque à vie en fait, rien ne va esthétiquement là-bas. C’est que dans la banlieue parisienne il y a eu un pseudo-américanisme qui n’a pas du tout marché : très propret, des maisons pareilles, des chaînes de restau catastrophiques. C’est factice et c’est bizarre de grandir dans un endroit pas loin de Disney, dans un espèce de décor de cinéma, ça forge un côté illusoire assez traumatique. Ca te laisse avec cette idée que la culture est toujours ailleurs et jamais là où tu vas.

Nico : Du coup, c’était important de renverser le truc. Ces banlieues finalement un peu banales, un peu identiques, elles passent sous les radars, on n’a pas envie de les filmer, ce n’est pas quelque chose qu’on considère communément comme quelque chose de beau. Or il y avait un truc intéressant dans cette banalité quotidienne, dans ces banlieues où les dimanches semblent interminables…

Thomas : Ce genre d’endroit où tu prends ton skate après ta journée de collège pour aller au skatepark te faire une entorse parce qu’après les cours il n’y a rien d’autre à faire...

L’ennui c'est créatif mais sans climat d’émulation c’est compliqué. J’ai commencé à faire de la musique très tôt mais j’ai eu besoin de quitter cet endroit et de partir à Paris pour concrétiser ! (Alex)

Vous êtes d’accord avec moi si je vous dis avoir l’impression d’un retour en force de l’indé rock français depuis deux trois ans ? Quand on pense à des groupes comme Fantome, The Bryan Magic Tears, MNNQNS, …

Alex : Je ne sais pas s’il y a un retour mais en tout cas tous les gens que tu as cités on les connaît personnellement (sauf Fantome, on n’a jamais joué avec eux).

Zoé : Je pense qu’il y a une différence avec les années 2015, où j’avais l’impression que beaucoup jouaient plutôt du garage, de la musique un peu plus vénère et là ça s’est un peu adouci, après est-ce vraiment un renouveau ? Je pense aussi que notre directeur de label, Tom (Howlin Banana), a joué un grand rôle dans ce développement. Il a une véritable passion pour promouvoir cette scène française, il sort énormément de groupes. Il a réussi à toucher les médias traditionnels (Libé, Les Inrocks) et on parle de nous, de notre scène !

Alex : Bizarrement je pense que certains aspects de la période Covid ont vachement aidé aussi. Durant un bon moment, on n’a pas été en concurrence avec les Américains. Ça a permis de mettre une scène locale plus en avant. La Route du Rock cette année, ce n’était que des groupes français car pas vraiment d’autres possibilités ! Ça nous arrangeait bien ! Il y a pléthore de groupes américains qui sont au même stade de développement que nous. Demain si on joue en France et qu’on fait une salle, et bien on est sûr que DIIV ne sera pas à La Gaité Lyrique en même temps. Comme il n’y a pas d’autres options, le public et les journalistes seront obligés de s’intéresser aux mangeurs de camembert comme nous !

Vous êtes signés chez le label français Howlin Banana Records mais aussi chez des Américains… C’est quoi l’histoire derrière ?

Zoé : Ça a commencé il y a longtemps, avant qu’on ne sorte notre premier EP. On avait envie de viser des labels américains parce que personne ne voulait de nous en France (rires). Et puis pourquoi pas tenter l’aventure américaine et faire une tournée là-bas. On avait repéré un label de Brooklyn qui s’appelle Kanine Records et qu’on a contacté. Ils ont adoré ce qu’on faisait mais nous ont dit "on ne peut pas vous signer tant qu’on ne vous a pas vu jouer ". A l’époque on n’était pas encore prêt, on n’avait pas grand-chose à proposer donc on a laissé maturer le truc tout en les tenant au courant dès qu’on sortait un clip.

Le gars du label était aussi programmateur d’un festival à NYC, du coup le jour où on a sorti notre EP on lui a envoyé un mail pour voir s’il était toujours partant à nous aider et il nous a répondu direct en nous invitant. On y est allé juste avant le Covid…

Nico : Moi au début j’étais vraiment frileux et c’est vrai que c’est grâce à Zoé qu’on y est allé et qu’on a signé chez Kanine.

C’est en signant chez eux qu’on a renforcé notre légitimité vis-à-vis de la France.

Josic-Jégu

En attendant la sortie de leur prochain album, le 22 avril prochain, et leur venue potentielle en Belgique, on vous laisse le soin d’écouter (si ce n’est déjà fait) leur discographie. Et si d’aventure vous êtes de passage à Paris aux alentours du 13 mai, passez une tête à leur release party au Point Ephémère.

 

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