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Hongrie, Turquie... comment vit la communauté LGBT ?

Hongrie, Turquie... comment vit la communauté LGBT ?
23 oct. 2017 à 12:40 - mise à jour 23 oct. 2017 à 12:403 min
Par RTBF La Première

Transversales s'intéresse à la communauté LGBT avec deux reportages, l'un en Hongrie, l'autre en Turquie. Et nous verrons que ça ne s'arrange pas pour les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres. Dans ces pays-là notamment, mais dans d'autres aussi. La communauté LGBT reste encore souvent victime de discriminations. Et l'homosexualité est encore passible de la peine de mort dans certains pays.

En Hongrie, la situation de la communauté LGBT ne s'est pas arrangée depuis 2010, avec le retour au pouvoir de Victor Orban.

Les LGBT sont exclus de la société. Les gens n'osent pas faire leur coming out et ont du mal à assumer leur identité sexuelle. Les homosexuels n'ont pas le droit de se marier, ni d'adopter des enfants, et il n'y aucun cadre juridique concernant les changements de sexe. 

La dépénalisation de l'homosexualité date de 1962 et une version du pac's existe depuis 2009. Mais depuis le retour du premier ministre conservateur Victor Orban en 2010, on assiste à des tentatives de retour en arrière et à une consolidation des valeurs traditionnelles. En 2011, un amendement à la constitution stipule désormais que le mariage est nécessairement l'union entre un homme et une femme.

L'extrême-droite est très violente envers la communauté LGBT. L'impunité dont elle bénéficie a libéré la parole homophobe en Hongrie. Les grandes agressions se déroulent essentiellement lors des gay prides. Même quand on en est victime, on essaie de taire l'origine et la dimension homophobe de l'attaque.

Etre homosexuel et faire de la politique, ce n'est pas envisageable. Faire son coming out peut coûter sa carrière, comme ce fut le cas pour Klara Ungar. 

Résultat, une grande partie de la communauté LGBT vit sa sexualité de manière clandestine. Il y a une grande différence suivant que l'on vive à Budapest ou dans une petite ville de province, suivant la classe sociale de laquelle on provient.

Pour casser les préjugés et sensibiliser, certaines associations investissent le terrain de l'école, avec des témoignages sur les difficultés quotidiennes, des exercices basés sur l'argumentation, des jeux de rôle autour de la discrimination.

Le Sziget est le plus grand festival de musique d'Europe, avec pendant 10 jours, plus de 500 000 visiteurs issus d'une centaine de pays. Un grand stand est occupé par les associations LGBT hongroises et une scène est spécifiquement réservée à la culture homosexuelle. Malgré les objections initiales du maire de Budapest, un proche de Victor Orban.

Ecoutez le reportage d'Ariane Dufrane et Fabrice Gérard

La communauté LGBT en Hongrie

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En Turquie, la situation de la communauté LGBT n'est pas beaucoup plus enviable. Les discours de haine et de discrimination sont monnaie courante au sein du parti islamo-conservateur au pouvoir, l'AKP.

En 2010, la ministre de la femme assurait que l'homosexualité était une maladie, un désordre biologique. Et quand il était encore premier ministre, Erdogan avançait que l'homosexualité était contraire à l'islam. Les espoirs d'avancée s'éloignent dans un contexte général de plus en plus autoritaire.

Les travailleuses sexuelles transgenres sont la cible de leurs clients, de gangs, de la police... il y a aussi des meurtres d'homosexuels. Parallèlement, le gouvernement est de plus en plus autoritaire et étouffe tous les groupes marginalisés qui tentent de se faire entendre.

Les minorités sont protégées en termes de race, de langue, de religion mais les orientations sexuelles et l'identité de genre ne sont pas incluses, à part une loi positive sur le changement de sexe depuis 1980.

Les crimes de haine sont souvent peu punis. Les discours de haine jamais. "On ne peut pas laisser tomber. Chacun attend d'être mis en prison, sans raison, à tout moment, car ça peut arriver à tous les féministes ou activistes LGBT. Mais certains n'arrêtent pas de s'exprimer, car le silence, c'est comme la mort", déclare une avocate du groupe militant Kaos.

C'est l'Etat qui encourage les crimes de haine et les discriminations dans la société ; le public, lui, accepte davantage.

La Turquie est toutefois le seul pays majoritairement musulman à organiser une semaine des fiertés et un défilé. C'est une question de visibilité : les activistes LGBT veulent montrer qu'ils sont là, qu'on doit les respecter. La Turquie reste un exemple pour beaucoup de pays, le mouvement LGBT y est encore très apparent et a toujours le pouvoir de se battre.

Ecoutez le reportage intégral de Camille Lafrance

 

La communauté LGBT en Turquie

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