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Hep Taxi ! : Leïla Slimani sort le deuxième volet de sa trilogie sur les traces de sa généalogie

Leïla Slimani dans Hep Taxi!
18 mars 2022 à 17:001 min
Par Xavier Marini

Ce dimanche 20 mars à 20h40 sur La Trois, Jérôme Colin invite Leïla Slimani dans Hep Taxi à l’occasion de la semaine du livre de la RTBF ! L’écrivaine franco-marocaine revient avec un nouveau roman intitulé Regardez-nous danser, suite de sa trilogie sur ses origines entamée avec Le Pays des autres sorti en 2020. Engagée et généreuse, elle se confie sur son enfance comme sur sa carrière, toujours accompagnée de son grand désir de liberté et de sa passion viscérale pour l’écriture...

Née le 3 octobre 81 à Rabat, au Maroc, Leïla Slimani passe une enfance paisible, selon elle un peu ennuyeuse, dans une petite ville où tout le monde se connait dans un régime répressif au-dessus duquel plane toujours une ambiance austère, des non-dits. Elle s’estime cependant chanceuse d’avoir eu un mode de vie assez unique, avec une grande liberté d’expression dans sa famille considérée comme atypique, là-bas.

Son père, victime d’une injustice judiciaire et emporté par un cancer en 2004, lisait énormément et lui a assez vite donné le goût de la lecture. Elle commence à dévorer des livres tôt et a un rapport très intense avec la lecture, au point d’effrayer ses parents, parfois. En s’immergeant totalement dans les romans, la petite Leïla vivait dans un autre monde. Logiquement, c’est à cette même époque qu’elle commence à écrire toute sorte de choses, des lettres à ses amoureux, notamment. Comme si, c’est le cas de le dire, tout était déjà un peu écrit pour elle…

Leïla Slimani, une écrivaine acharnée

Leïla Slimani poursuit sur sa lancée en sortant Regardez-nous danser, nouveau roman qui nous emmène dans le Maroc des années 60. Il s’agit du deuxième volet d’une trilogie qui a débuté en 2020, Le Pays des Autres, dans laquelle elle aborde ses racines familiales.

Sa carrière littéraire prend forme lorsqu’elle part vivre à Paris après son bac effectué au Maroc, son pays natal, pour rédiger des piges au journal Jeune Afrique. Ce travail lui permet de beaucoup voyager, de voir le monde. Puis, en 2014, elle séduit la critique avec son premier roman, Dans le jardin de l’ogre. Erotique, cru et violent, elle nous y conte la descente aux enfers d’une nymphomane. L’idée lui est venue avec l’affaire DSK : elle s’est inspirée de cette obsession du corps mais du point de vue d’une femme… Ensuite, c’est en 2016 que Leïla voit vraiment sa vie professionnelle changer du tout au tout lorsqu’elle reçoit le prix Goncourt pour Chanson Douce. Avec une adaptation au cinéma en 2019 avec Karin Viard et Leïla Bekhti, en plus d’une flopée d’autre prix, c’est la consécration : elle est sollicitée de toutes parts, à tel point qu’elle ne sait presque plus où donner de la tête. Même si elle a toujours su qu’elle voulait devenir écrivaine, elle ne l’a pas du tout vu venir.

Aujourd’hui, elle vit à Lisbonne, Paris n’étant selon elle plus adaptée à sa vie de famille. Puis, surtout, cela lui permet non seulement de vivre près de la mer mais aussi d’être constamment baignée dans une lumière qui n’est pas sans lui rappeler celle de Rabat, la ville de son enfance… De quoi l’inspirer dans son rythme d’écriture : elle écrit parfois jusqu’à 12h par jour !

Son nouveau roman, "Regardez-nous danser" !
Son nouveau roman, "Regardez-nous danser" ! Gallimard

Leïla Slimani, résolument féministe

Leïla Slimani, on lui connait aussi un grand dévouement à son engagement politique. Elle a fait de la liberté sexuelle des femmes son fer de lance, avec une volonté inébranlable de briser les tabous. Cet engagement lui vient surtout de son enfance et de son regard d’aujourd’hui sur l’éducation sexuelle des filles. Elle reproche surtout à cette éducation la peur constante du regard masculin dans laquelle elle baigne et son acceptation par la société, comme s’il était normal de connaître l’éveil sexuel par le prisme de la peur. La preuve, c’est que cette éducation, elle se traduit directement dans ses peurs à elle aussi et dans celles d’autres femmes.

 

"Comme beaucoup de femmes, j’ai peur de me faire violer […] J’ai peur de la contrainte physique qu’on peut m’imposer."

En bref, de l’écriture au féminisme en passant par la gastronomie, retrouvez Leïla Slimani ce dimanche 20 mars dans Hep Taxi ! à 20h40 sur La Trois !

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