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Henriëtte Bosmans, la compositrice hollandaise la plus importante de la première moitié du XXe siècle

Henriëtte Bosmans, la compositrice hollandaise la plus importante de la première moitié du XXe siècle
14 janv. 2022 à 07:042 min
Par Hélène Michel

Elle est sans doute la compositrice hollandaise la plus importante de la première moitié du XXe siècle, Henriëtte Bosmans n’a pourtant connu la célébrité que de son vivant.

Fille unique, Henriëtte Bosman est née à Amsterdam en 1895 de parents musiciens. Son père, qui était premier violoncelle solo du nouvel orchestre du Concertgebouw, est mort soudainement de tuberculose alors qu’elle n’était encore qu’un bébé. C’est sa mère, professeur de piano au Conservatoire d’Amsterdam, qui va commencer son éducation musicale. Et comme elle apprend vite, elle devient elle-même, dès l’âge de 17 ans professeur de piano, et commence à se produire en concert. C’est aussi l’époque de ses premières compositions destinées tout d’abord à son instrument, et puis très vite à la musique de chambre, et à l’orchestre, avec une attirance aussi pour un autre instrument : le violoncelle. Et son nom circule. Elle n’a qu’une bonne vingtaine d’années mais se produit déjà dans toute l’Europe, sous la direction de baguettes prestigieuses, celle de Pierre Monteux ou d’Ernest Ansermet. Parallèlement, deux compositeurs hollandais vont lui donner des cours de composition : Cornelis Dopper, dans un premier temps, puis Willem Pijper qui lui enseigne l’instrumentation. Elle lui dédiera son Quatuor à cordes.

Dans les années 20, la jeune Henriëtte Bosmans rencontre la violoncelliste Frieda Bellinfante et lui dédie son deuxième Concerto pour violoncelle. Dans les années 30, elle se fiance avec un violoniste, Francis Koene qui devient aussi son partenaire musical. Malheureusement ce dernier décède prématurément. Henriëtte Bosmans, sous le choc, arrête de composer pendant plusieurs années. En août 1942, l’occupant nazi lui interdit toute activité, parce qu’elle est demi-juive. Elle envisage l’exil aux États-Unis, mais décide au dernier moment de rester pour ne pas laisser sa mère âgée derrière elle. Pour gagner sa vie, elle organise des concerts clandestins. Durant ces années de guerre, la mère et la fille ont traversé quelques rudes mois d’hiver, la partie ouest des Pays-Bas étant frappée par la famine. Dans ces circonstances difficiles, cependant, Henriëtte, recommence à composer, ce qu’elle n’avait plus fait depuis la mort de son fiancé en 1935. Elle compose notamment des mélodies, inspirée par sa rencontre avec la mezzo-soprano Noémie Perugia. En 1950, on lui diagnostique un cancer de l’estomac, elle meurt deux ans plus tard à l’âge de 56 ans.

Henriëtte Bosmans a développé son œuvre d’abord dans un style moderne, inspiré notamment par Debussy et d’autres pionniers avant de trouver une voie plus personnelle, en nous laissant un catalogue fournit et varié.

Nous découvrons d’Henriette Bosmans une œuvre composée à l’âge de 24 ans, peut-être en mémoire à son père qu’elle n’a pratiquement pas connu : voici sa Sonate pour violoncelle et piano écrite dans la pure tradition romantique

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Henriette Bosmans

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Henriette Bosmans - 2

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