La Grande Forme

Help, je suis accro au spray nasal ! Que faire ?

Woman using a nasal spray

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25 oct. 2022 à 14:00Temps de lecture3 min
Par Sophie Businaro

En cas de rhume, le spray nasal est souvent notre sauveur... Quel soulagement lorsqu'on respire à nouveau ! Mais parfois, le rhume peut durer un peu plus longtemps que prévu et sans s'en rendre compte, on va utiliser ce spray décongestionnant - et miraculeux - bien plus souvent que prévu. Et cela peut entraîner une dépendance ; la rhinite médicamenteuse. Éléments d'information avec le Dr Charlotte, médecin référent dans l'émission "La Grande Forme".

On a tous déjà eu recours au spray nasal pour soulager un nez bouché et enfin respirer à nouveau. Mais certains en ont plus abusé que d'autres. Résultat : ils sont devenus accros au spray. Cette maladie porte un nom : la rhinite médicamenteuse. Mais comment éviter ce genre d'accoutumance ? Et une fois habitué à ce spray, comment réussir à respirer sans à nouveau ? Le point avec le Dr Charlotte, médecin généraliste.

L’effet du rhume sur notre nez

On le sait, le nez est une barrière assez importante contre les virus et contre les agressions que notre corps peut reconnaître. En parallèle, les vaisseaux sanguins du nez se dilatent pour laisser affluer les cellules immunitaires chargées de s’attaquer aux virus. Cet afflux de sang provoque le gonflement du tissu et empêche le mucus de s’écouler vers l’arrière. Cette sensation désagréable de nez bouché est renforcée par le fait que le mucus devient de plus en plus épais, souvent collant et parfois, de couleur jaune - c'est dû à l’enzyme contenue dans les globules blancs qui sont alors plus nombreux, explique le Dr Charlotte.

C’est alors que votre spray nasal entre en scène ! Vous vous empressez d'aller chez le pharmacien pour vous procurer le Graal qui va enfin vous permettre de passer quelques nuits tranquilles. Mais ce spray nasal est en général à base de pseudo épinéphrineque l'on appelle également adrénaline (ndlr. médicament qui peut atténuer ou stopper les réactions anaphylactiques). Celui-ci va entraîner la contraction des vaisseaux sanguins qui se trouvent à l’intérieur de notre muqueuse nasale. Ces contractions vont permettre de réduire le gonflement à l’intérieur du nez et donc de libérer de l’espace pour que l’air passe pour pouvoir enfin respirer.

Accoutumance au spray nasal

Il faut savoir que l'usage de ce spray nasal-décongestionnant est limité dans le temps. En règle générale, la posologie est de 2 à 3 pulvérisations par jour et ce, durant une semaine d'utilisation. En cas d'usage prolongé, même si ce produit est efficace, vous finirez par y devenir accro et pourriez souffrir d'effets secondaires.

En effet, les parois de votre nez vont recevoir quotidiennement cette dose qui va réduire l’inflammation mais qui va, parallèlement à ça, l'assécher. Ces assèchements vont entraîner le fait que les parois collent entre elles et vont faire en sorte que le nez n’aura plus cette fonction de protection. On ne s'en sortira alors plus sans spray nasal. Et cela peut également avoir pour conséquence une rhinite atrophique.

Complication de la rhinite atrophique 

  • Obstruction continue
  • Perte d’odorat voire hyposmie ; perte partielle de l'odorat
  • Nez qui saigne
  • Surinfection bactérienne de la muqueuse nasale
  • Démangeaisons
  • Sensation de mauvaise odeur et/ou mauvaise haleine
  • Syndrome du nez vide ; sensation d'étouffement et/ou perte de l'automatisme respiratoire 

Help, je suis accro au spray nasal ! Que faire ?

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Comment s’en sortir ?

Le traitement consiste à se laver le nez de manière régulière et surtout, à l’hydrater avec un spray contenant du liquide physiologique et donc plus de produit mordant. On peut aussi utiliser parfois des gouttes hydratantes qui vont permettre à cette muqueuse nasale de se réparer. L'alliance parfaite : un spray à base de cortisone.

Parfois, l’utilisation d’antibiotiques locaux est nécessaire pour empêcher la formation de croûtes et la colonisation par des staphylocoques (infections). Une cure de vitamines A ou des aérosols soniques peuvent également être utiles. Dans certains cas, il est nécessaire de consulter un ORL qui utilise d’autres techniques pour aider à soulager la rhinite atrophique. Enfin, en dernier recours : la chirurgie ! Grâce au traitement chirurgical, on va pouvoir diminuer la taille des cavités nasales, favoriser la régénération de la muqueuse normale, augmenter la lubrification de la muqueuse nasale sèche et améliorer la vascularisation des cavités nasales, conclut le Dr Charlotte.

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13h à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast.

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