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Societe

Hébergement des réfugiés : de la famille au collectif

Des hébergements collectifs citoyens animés par des bénévoles
07 déc. 2020 à 17:40 - mise à jour 07 déc. 2020 à 17:403 min
Par Thierry Vangulick

Avec la crise sanitaire, on parle moins de celle de ces réfugiés venus d’Afrique ou de pays comme la Syrie ou l’Irak, qui fuient la guerre et la faim pour rallier l’Angleterre. Et pourtant, ils sont encore des centaines à vouloir tenter leur chance au péril de leur vie. Avant la crise covid, des centaines de familles logeaient ces exilés, mais il y a aujourd’hui moins de familles prêtes à les accueillir. Aussi, les bénévoles de la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés s’organisent désormais, avec l’aide de certaines communes, de la Province de Hainaut et de la Région wallonne, pour fournir abri, chaleur et couvert dans des centres d’hébergement collectifs. L’un d’entre eux vient de s’ouvrir à Frasnes-lez-Buissenal.

Au milieu des vallons du Pays des Collines, une maison à la façade discrète bourdonne depuis quelques jours d’une activité débordante. Des voitures y déchargent des caisses de draps, de vêtements ou d’ustensiles de cuisine. Les bénévoles aménagent le lieu qui pourra abriter une vingtaine de personnes. Plusieurs chambres équipées de lits superposés, une vaste et accueillante cuisine réfectoire, un salon aux fauteuils confortables, ce n’est pas le grand luxe mais c’est chaleureux et pratique. Il s’agit d’un gîte communal qui est mis à disposition de la plateforme pour accueillir les réfugiés. Animé par des bénévoles, il est dirigé par Coralie Vantomme, responsable pour la Wallonie Picarde.

Les bénévoles en première ligne

Ce gîte mis à notre disposition par la commune de Frasnes, c’est l’aboutissement de toute une démarche menée par les bénévoles pour faire face à un problème crucial, le manque de familles d’accueil ! La crise du covid a rendu plus difficile le fait d’héberger des gens qui vont et viennent sans arrêt. Les hébergeurs, et c’est bien naturel, veulent d’abord protéger leurs proches et ne pas prendre de risque de contamination au covid. Mais les besoins en logement sont toujours aussi criants.

"Même si des structures comme la Croix Rouge abritent des réfugiés, ils ne peuvent les accueillir tous. Nous avons donc décidé de créer des structures d’accueil provisoires comme ce gîte. La commune nous prête le local mais ce sont les bénévoles qui en assurent l’intendance et l’encadrement", détaille Coralie Vantomme.

Ce qui me motive, c’est la solidarité

Axelle est l’une de ces bénévoles. Directrice du centre culturel du Pays des Collines, elle est impliquée de longue date dans la plateforme. "Mon rôle ici ce sera de faire des lessives, de m’assurer qu’il y ait de la nourriture et des vêtements pour les nouveaux arrivants. Être présente aussi pour les réfugiés, pour les écouter et les soutenir. Ce qui me motive, c’est la solidarité".

Elle poursuit en racontant ses débuts : "Je convoyais seulement mais en voyant comment la situation évoluait, je me suis dit : je ne pouvais pas ne rien faire et je me suis dit que j’avais la chance d’être du "bon côté", bien au chaud et dans un environnement sécurisant et tout le monde n’a pas cette chance. Pour moi c’était évident, il faut redonner un peu de ce qu’on reçoit et de savoir qu’il y a des gens qui sont dehors, sans toit, sans feu et sans chaleur humaine, ça m’était insupportable et j’avais envie de partager un peu de cette chaleur".

heureusement que les citoyens sont là

Tania, diététicienne dans la vie et, elle aussi, est bénévole depuis longtemps. Ici elle va s’occuper de récolter des vivres et s’assurer que les réfugiés soient correctement nourris. Son engagement citoyen, elle le vit comme un devoir : "Les droits humains ne sont pas respectés pour les réfugiés et ce n’est pas acceptable et c’est pourquoi je me mobilise. Je me dis que les politiciens se dédouanent sacrément de leur devoir et heureusement que les citoyens sont là. Et ce n’est pas que pour les réfugiés… On fait une partie de leur job et ce n’est pas normal. Mais on le fait… "

La solidarité avant tout

Coralie Vantomme est un peu plus optimiste qu’avant le début de la crise sanitaire. Que ce soit Tant au niveau local qu’au niveau national, la Plateforme est en discussion avec les pouvoirs publics qui commencent à se saisir du problème et à octroyer des aides financières. Plusieurs nouvelles structures d’accueil ont vu le jour en quelques semaines. De quoi soutenir le moral et l’enthousiasme des 40.000 membres que compte la Plateforme. Et si beaucoup sont de simples sympathisants, leur nombre important prouve que la solidarité et le sens de l’accueil ne sont pas de simples mots.

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