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Hébergement au Parc Maximilien: "S'il y a un incident, ce sont les autorités publiques qui seront responsables"

Un centre d'hébergement devrait ouvrir ses portes prochainement à Haren.

Ce mouvement citoyen d'hébergments des migrants du parc Maximilien devrait encore durer un certain temps. Le centre d’hébergement de Haren, loué par la Ville de Bruxelles, mais sous la responsabilité de Médecins du Monde et de la Plateforme citoyenne, devrait ouvrir la semaine prochaine. Le Plan Hiver a été lancé la semaine dernière. Mais la volonté de la Plateforme est de ne pas interrompre cette dynamique citoyenne. Les nuitées de dépannage deviennent du long terme.

Qu’en pensent les professionnels ? Réponses avec Sotieta Ngo, directrice du CIRE, la Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Etrangers. 

Quel est votre regard sur cette grande opération citoyenne d'hébergement? 

"C’est un avis partagé. D’un côté, c’est un regard positif et bienveillant sur ces citoyens qui se mobilisent pour héberger, sur leur temps libre, indépendamment de la vie quotidienne. C’est magnifique cet élan citoyen mais il ne fait que répondre à une lacune des pouvoirs publics en la matière."

Est-ce que toute cette organisation est tenable? 

"Probablement pas. La mise à disposition de ce bâtiment à Haren, c'est une bonne chose mais ce n'est pas quelque chose de structurel. Or ce public, ce sont des personnes qui sont en errance depuis plusieurs mois, qui sont pleines de frustrations, d’incompréhensions, d’espoirs déçus ou encore entretenus et donc c’est une source de tensions pour eux et pour ceux qui les logent. D'autant plus qu'il n'y a aucun moyen dégagé pour aider cet élan citoyen à s’organiser."

Or, cela ne s’improvise pas d’accueillir quelqu’un qui a vécu des choses difficiles... 

"Evidemment et c’est pour cela que les professionnels que nous sommes, les associations, nous réclamons depuis plusieurs mois la mise en place d’un centre d’accueil et d’orientation que l’on aurait pu encadrer avec les moyens dont nous disposons. Ces moyens ne sont pas assez élevés, mais sûrement plus que ceux des citoyens qui s’organisent bénévolement. C’est essentiel d’encadrer psychologiquement les personnes qui sont accueillies ici pour être certain que tout est bien géré à ce niveau-là." 

Est-ce que vous craignez qu'un incident vienne éclabousser cette chaîne de solidarité? 

"Je pense que s’il y a un couac, il ne pourra pas éclabousser l'élan de solidarité qui s’est manifesté ici. Tenir pour responsables les personnes qui assument là où les autorités n’assument pas, ce serait un petit peu trop facile. Jamais les citoyens qui s’impliquent ne devront être tenus responsables des couacs qui se passeront. Je crains que des couacs se passent, mais les premiers responsables seront les autorités publiques."

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