RTBFPasser au contenu

Concours Reine Elisabeth

Hayoung Choi, portrait d’une 1e lauréate qui a conquis le jury comme le public du Concours Reine Elisabeth

Portrait d'Hayoung Choi, 1e lauréate du Concours Reine Elisabeth 2022

le reportage de Thierry Loreau

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

21 juin 2022 à 12:47 - mise à jour 21 juin 2022 à 13:462 min
Par Thierry Loreau

Portrait

Hayoung Choi à la proclamation du palmarès
Hayoung Choi à la proclamation du palmarès Queen Elisabeth Competition – Derek Prager

La Coréenne Hayoung Choi a remporté le premier prix de cette 2e session de violoncelle du Concours Reine Elisabeth.

Par son audace et son jeu empreint à la fois d’intériorité et d’expressivité, elle a conquis le cœur des spectateurs et du jury, notamment avec le Concerto de Lutoslawki en finale et le Capriccio per Siegfried Palm de Penderecki dans son récital en demi-finale.

Hayoung Choi - Finale - Concerto

Concours Reine Elisabeth Violoncelle 2022

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Le plaisir des oreilles et le plaisir des yeux ne font qu’un

Quand Hayoung joue, elle ne fait pas que de la musique. Tous les gestes de son corps, de ses yeux, de ses mains et de ses bras éclairent et révèlent chaque note de musique au public. On pourrait presque parler d’une pièce de théâtre. Elle parvient à faire aimer n’importe quelle pièce de musique contemporaine aux non-initiés car le spectacle est visuel aussi. Le plaisir des oreilles et le plaisir des yeux ne font qu’un.

Pourtant, elle a pris beaucoup de risques en choisissant le concerto de Lutoslavski. Elle ne l’avait jamais joué avec orchestre et elle n’avait que 50 minutes de répétition avec l’orchestre. Mais elle est parvenue à rallier tout le monde derrière elle grâce à son charisme et sa technique sans faille.

La réussite d’Hayoung dans ce concours est indissociable de sa famille d’accueil. Les parents et leurs 5 enfants, tous musiciens, l’ont choyée et acceptée comme un nouveau membre de la famille. Des liens se sont tissés et il semblait impensable de faire le portrait de Hayoung sans eux.

Cette famille, d’ailleurs, avait réalisé puis déployé une immense banderole en pleine proclamation ! Du jamais vu au Concours Reine Elisabeth ! Ils avaient calculé la longueur de 2 loges pour qu’elle soit adaptée à leur emplacement dans la salle. Sur cette banderole, on pouvait lire des félicitations en coréen, en français et en néerlandais et on pouvait aussi y découvrir des dessins qui représentaient certaines aventures communes vécues par Hayoung et sa famille d’accueil.

Avec eux, nous avons visionné à nouveau cette proclamation complètement folle. Ils ont tellement crié qu’ils n’ont plus eu de voix pendant quelques jours. Sa sœur Songha, une violoniste qui se présentera au concours Reine Elisabeth de 2024, est venue spécialement de Berlin pour vivre cette finale avec elle. Ensemble, elles jouent une pièce de Schubert, Hayoung au violoncelle et Songha au piano, car elle joue aussi bien de cet instrument que du violon.

Ensuite, nous les avons emmenées au Centre Culturel Coréen à Bruxelles pour cuisiner des tteokbokki, un plat épicé coréen à base de gâteau de riz. Difficile pour un Coréen de vivre un mois sans cuisine coréenne.

Puis, les 2 sœurs Choi et les 2 sœurs de la famille d’accueil nous ont joué le "Quatuor de la Jeune fille et la Mort" de Schubert. Un moment de grâce et de complicité qui conclut cette journée de tournage en musique et en rires.

Articles recommandés pour vous