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Harcèlement sexuel lors d'un festival: "Si vous êtes témoin, réagissez!"

Manuela Varrasso, responsable  communication au sein de Plan International Belgique
21 juin 2018 à 10:09 - mise à jour 21 juin 2018 à 10:09Temps de lecture3 min
Par RTBF La Première

Le harcèlement sexuel lors des festival musicaux est un phénomène dont l'ampleur est révélée par une enquête menée par Plan International Belgique. Interrogée sur La Première, Manuela Varrasso, responsable  communication au sein de Plan International Belgique, explique que "c'est un phénomène présent partout. Il est réel, il faut en avoir conscience et il faut surtout faire tout pour que ça s'arrête. Parce que la fête, elle doit être la même pour tout le monde, les garçons et filles. Donc il n'y a aucune raison d'avoir peur aller à un festival. Les festivals sont des espaces publics, des espaces de liberté et les filles ont tout à fait le droit de jouir de cette liberté, de s'amuser, d'écouter leurs artistes préférés, comme les garçons".

"Le harcèlement sexuel, c'est une violence sexuelle. Cela se passe dans l'espace public, et donc cela se passe dans les festivals. Évidemment comme il y a un phénomène de promiscuité, on va retrouver plus d'actes de frottements, d'attouchements, mais on va retrouver aussi d'autres catégories qui vont de l'insulte verbale de la poursuite, à l'agression sexuelle voire au viol. Il y a bien sûr des facteurs qui peuvent aggraver comme la consommation d'alcool et de stupéfiants, mais on part du principe quand même que les jeunes sont responsables, qu'ils vont là pour s'amuser et qu'ils ne sont pas ni sots ni sottes".

Numéro d'appel d'urgence

L'étude montre que "60 % des jeunes estiment que le phénomène est présent dans tous les festivals, voire très présent. Donc, premier message : le phénomène se passe partout. Maintenant, il est évident que dans les festivals avec des fortes densités parfois de 100 000 personnes en chiffres absolus, il y aura plus de cas de harcèlement sexuel. Dans les festivals où on retrouve une fille sur dix victime de harcèlement, on retrouve des gros festivals comme Dour, Pukkelpop ou Werchter, mais aussi des petits festivals électroniques. Et également des festivals comme Esperanzah, mais qui eux ont réagi et ont mis en place des mesures très concrètes. Mesures que les jeunes réclament d'ailleurs, notamment un numéro d'appel d'urgence" selon Manuela Varrasso.

"Le cas d'Esperanzah est vraiment intéressant et interpellant parce qu'au départ les organisateurs n'étaient pas tout à fait conscients que ça se passait aussi chez eux. Je dirais que le premier axe pour les festivals est de prendre conscience que ça se passe aussi chez eux et éventuellement faire des recherches plus approfondies pour voir quelle est l'ampleur du phénomène dans le festival. Et puis il faut (comme à Esperanzah) mettre à disposition, online, un kit de formation pour les jeunes, pour leur apprendre à réagir parce que 40 % des jeunes qui sont témoins de harcèlement s'éloignent. Beaucoup de jeunes réagissent, mais ne savent pas très bien comment faire", précise-t-elle.

Phénomène banalisé

"On a constaté que ces comportements étaient banalisés, mais hélas plutôt de la part des garçons que des filles. Je pense que le phénomène du harcèlement sexuel est récent dans le débat public et qu'il faut en parler, mais qu'il faut aussi leur donner des façons concrètes d'agir. Alors nous, ce qu'on conseille évidemment, c'est en tout cas de faire quelque chose, de ne pas tourner le dos. Il y a différentes façons d'agir. On peut évidemment s'éloigner, interpeller l’agresseur, on peut aussi le distraire quand on est témoin et c'est une tactique qui marche assez bien. Mais soyons clairs, il faut des mesures concrètes avec, en tout cas - ce que demandent les jeunes - un numéro d'appel d'urgence pour permettre d'expulser les auteurs de harcèlement sexuel, ceux qui gâchent la fête. Le message s'adresse aussi bien aux festivaliers qu'aux témoins de harcèlement sexuel et aux victimes. Réagissez, faites quelque chose !", insiste-t-elle.