RTBFPasser au contenu

Hannes, le garçon qui a failli ne pas s'appeler Hannes

Hannes, le garçon qui a failli ne pas s'appeler Hannes
23 mars 2021 à 17:33 - mise à jour 23 mars 2021 à 17:332 min
Par Marc Oschinsky

L'histoire de Hannes démarre vendredi dernier. Quand son père vient déclarer la naissance de son fils au centre administratif de Bruxelles. Tout fier, il annonce le prénom choisi, Hannes. Le fonctionnaire le regarde, surpris : Hannes, comme une ânesse, la madame âne ? Pas question d’accepter ce prénom, il est ridicule et peut nuire à l’enfant. Sauf que Hannes, le diminutif de Johannes, est un prénom flamand assez courant. Les parents, on le comprend, sont choqués par ce refus.

A la ville de Bruxelles, on tempère quelque peu la gravité de l’incident. On précise que, si la maman est flamande, le père, lui, est français. Les explications de Fabrice Voogt, porte-parole d’Ahmed El Ktibi, l’échevin de l’état civil de la Ville : 

"Le père a prononcé le prénom à la française. Le fonctionnaire, francophone, n'a pas compris. Il a demandé conseil à sa collègue néerlandophone. Sauf que, comme il l'a prononcé comme il l'avait entendu, celle-ci n'a pas fait le rapprochement avec "Hannes". L'employé a donc demandé au jeune père un peu de patience, le temps d'en discuter en interne."

Pas d'accord...

Une version que réfute le jeune père : "J'ai dû d'abord écrire le prénom sur un formulaire, et c'est à la lecture du prénom que la fonctionnaire m'a signalé qu'elle n'allait pas accepter ce prénom. Je lui ai fait remarquer que sa prononciation n'était pas bonne  (...) Suite à mon refus de changer l'orthographe du prénom ou de donner Hannes comme deuxième prénom, elle a appelé son responsable qui a tenu les même propos, comparant au passage Hannes avec Kaka (prénom brésilien) ou Beurk (prénom turc). Les deux fonctionnaires n'ont simplement pas voulu m'écouter et sont restés avec leur mauvaise prononciation.

Après quelques heures, le prénom a finalement été accepté. Ce qui n'a pas empêché un conseiller communal bruxellois de la NVA de monter au créneau pour parler de " mépris des autorités envers les Néerlandophones".

En Belgique, la loi de 1987 prévoit que l’officier de l’état civil doit accepter tous les prénoms, sauf ceux qui peuvent nuire à l’enfant. A la Ville de Bruxelles, sur les quelque 7500 naissances annuelles, il arrive que des parents choisissent un prénom qui, dans leur langue d’origine, est tout ce qu’il y a de plus beau. Mais qui, en français ou en néerlandais, risquerait d’exposer celui ou celle qui le porte au ridicule. La solution proposée alors consiste à suggérer aux parents d'intervertir les premier et second prénoms.

Mais la Ville insiste : ces cas sont extrêmement rares. Et ce n’est pas à Bruxelles qu’un officier de l’Etat civil a du refuser des parents qui voulaient appeler leurs jumeaux Babord et Tribord.

Articles recommandés pour vous