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Guitar Story, la Fender Esquire de Bruce Springsteen épisode 2

guitar story
08 sept. 2020 à 20:052 min
Par Laurent Debeuf

Ce que beaucoup surnomment aujourd’hui : "La Telies du Boss", cette guitare qui figure parmi les plus emblématique de l’histoire du rock n’est, à proprement parler, pas une Télécaster mais bien une Esquire. Cela dit, on serait bien en peine d’en déceler les différences. Un brin d’histoire peut en revanche nous y aider.

Ainsi, si l’on remonte aux origines, Léo Fender, et son associé George Fullerton en 1946, ont pour ambition de révolutionner le monde de la guitare électrique en créant une guitare sans caisse de résonance, et avec un manche vissé. Cette révolution ne se fera pas sans peine, en comptant déjà les moqueries de la part du concurrent direct : le paquebot Gibson, les deux associés durent faire face à un problème de dénomination. En effet, les premiers modèles furent affublés du nom de 'Broadcaster', très vite abandonné face à Gretcsh qui possède une dénomination commune, quoiqu’orthographiée avec un " K " (Broadkaster), désignant non pas une guitare mais un modèle de batterie.

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Suivit ensuite la " Nocaster ", en raison de l’absence d’un autre nom ajouté au logo " Fender " sur les têtes de manches. En marge de cela ces cousines germaines, furent baptisées " Esquire ". C’est en réalité les premiers exemplaires vendus (pas plus d’une cinquantaine) à partir de 1950. La différence, c’est que l’" Esquire " contrairement à la " Télécaster ", n’était dotée que d’un seul micro simple bobinage en position chevalet.

 

 

 

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La guitare de Bruce Springsteen, contre toutes vraisemblances, est justement une de ces " Esquire ", sérieusement modifiée je vous le concède. Dans ses mémoires, le Boss déclara que le corps daterait 1953 ou de 1954, sans pouvoir être plus précis, tandis que le manche provient bien d’un " Esquire " de 1957 et présente, du reste, un profil assez étroit, et en V, typique de la fin des années cinquante. Propriété d’un studio d’enregistrement, avant de se retrouver dans le shop de Phil Pettillo ou Bruce Springsteen la dénicha, l’instrument avait déjà été copieusement modifié et le corps avait reçu jusqu’à quatre micros.

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Les défonces successives pour les accueillir avaient rendu cette guitare sensiblement plus légère. De plus, le son fut notoirement différent de celui Télécater ou d’une Esquire massive, plus aérienne, voire, plus acoustique. Les quatre micros dont elle fut affublée avaient un but bassement commercial. En effet, quatre micros, qui avaient tous leur propre sortie " jack ", permettaient de nourrir quatre pistes en même temps et les guitaristes de sessions pouvaient ainsi toucher des droits afférents additionnés en déclarant avoir enregistré quatre pistes (en un seul passage !).

Avant d’aller plus loin, allons faire un tour à la Meadowlands Arena, dans le New Jersey, à la rencontre bien sûr de Bruce Sprinsteen et de son " Esquire " mais aussi du E Street Band avec une version live de ''Cand’ys Room'' aux sonorités et au solo brûlants, une pure merveille pour tout amateur de guitares électriques.

Bruce Springsteen & the E Street Band - Candy's Room (Live 1975-85)

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