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Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : un élu de Moscou condamné à sept ans de prison pour avoir dénoncé l'assaut russe

Elu municipal à Moscou, Alexeï Gorinov condamné à 7 ans de prison pour avoir dénoncé l'assaut russe contre l'Ukraine le 8 juillet 2022
08 juil. 2022 à 15:36Temps de lecture2 min
Par AFP, édité par Victor de Thier

Un élu municipal moscovite, Alexeï Gorinov, a été condamné à sept ans de prison vendredi pour avoir dénoncé l'assaut russe contre l'Ukraine, en pleine vague répressive pour faire taire toute critique sur l'offensive décidée par Vladimir Poutine.

Depuis le 24 février, date de l'entrée des forces russes en Ukraine, les autorités ont introduit une série de lois pour punir de lourdes peines ceux qui réprouvent publiquement cette attaque, bannissant au passage l'emploi des mots "guerre" et "invasion".

La juge Olessia Mendeleïeva a reconnu l'opposant de 60 ans coupable d'avoir "disséminé des informations clairement mensongères" sur l'armée russe en usant de "ses fonctions officielles" et de l'avoir fait dans le cadre d'un groupe organisé motivé par la "haine politique".

"Le redressement de l'accusé est impossible sans peine de privation de liberté", a estimé la magistrate avant de le condamner à sept ans de détention dans une colonie pénitentiaire.

Auparavant, le public du procès avait applaudi le prévenu, conduisant à l'expulsion de la salle des personnes venues le soutenir.

M. Gorinov est le premier opposant, un élu qui plus est, à écoper d'une peine de prison ferme pour ses prises de position contre l'intervention russe en Ukraine. D'autres militants attendent actuellement en détention leur procès.

Puni "pour ses opinions"

Peu avant la sentence, debout dans la cage de verre réservée à l'accusé, l'homme aux cheveux gris, le visage tendu et le regard perçant, a tenu devant les caméras une feuille barrée des mots "Il vous la faut encore, cette guerre?"

© Tous droits réservés
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Juriste de formation, M. Gorinov avait été arrêté en avril pour avoir dénoncé le 15 mars l'"agression" de Moscou contre l'Ukraine où maintenant "des enfants meurent chaque jour", pendant une réunion de son assemblée municipale de quartier, session filmée et retransmise sur YouTube.

"Tous les efforts de la société civile doivent servir à mettre fin à la guerre et à entraîner le retrait des forces russes du territoire ukrainien", avait-il notamment déclaré.

M. Gorinov, qui est incarcéré depuis le 26 avril à Moscou, va faire appel de sa condamnation, selon son avocate, Katerina Tertoukhina, jugeant qu'il avait été puni pour "ses mots, ses opinions, ses convictions".

Jeudi, lors d'une précédente audience, M. Gorinov avait martelé être "contre toutes les guerres".

Il a aussi cité les noms de villes ukrainiennes comme Boutcha où les forces russes sont accusées de crimes de guerre, exactions que les autorités russes qualifient de mensonges ou de mises en scène.

D'autres opposants dans le viseur

Depuis le lancement de l'offensive en Ukraine, des dizaines de personnes l'ayant critiquée publiquement ont été poursuivies en Russie.

La plupart ont été condamnées à des amendes, mais d'autres risquent de lourdes peines de prison, comme Vladimir Kara-Mourza, l'un des rares opposants restés en Russie.

Autre exemple, Alexandra Skotchilenko, une artiste de Saint-Pétersbourg emprisonnée depuis avril, attend son procès pour avoir collé dans un supermarché des étiquettes pacifistes.

Une autre élue municipale, Elena Kotenotchkina, est accusée des mêmes faits, mais n'est pas jugée car elle a fui la Russie, comme de nombreux militants d'opposition craignant la répression, encore accrue en Russie ces derniers mois.

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