Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : pourquoi Charles Michel ne s'est-il pas (encore) rendu à Kiev ?

Charles Michel n’exclut pas un voyage en Ukraine. Mais ce n’est à l’ordre du jour.

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09 avr. 2022 à 13:15 - mise à jour 10 avr. 2022 à 09:26Temps de lecture2 min
Par Sandro Calderon

Le vendredi 1er avril, Roberta Metsola, la présidente du Parlement européen, se rendait à Kiev. Une semaine plus tard, c’était au tour d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Reste le troisième dirigeant des institutions européennes. Charles Michel, le président du Conseil européen, ne s’est pas rendu en Ukraine depuis le début de l’invasion russe. Un tel voyage n’est pas exclu, nous dit-on dans son entourage. Mais rien n’est prévu dans l’immédiat.

Une autonomie moindre

Il faut dire que sa marge de manœuvre est plus étroite que celle d’Ursula von der Leyen et de Roberta Metsola. " Roberta Metsola est la présidente du Parlement européen et on sait que le Parlement, par nature, c’est l’organe de la représentation démocratique des citoyens européens, explique Eric Maurice, responsable du bureau bruxellois de la Fondation Schuman. Par nature, l’Assemblée soutient le peuple ukrainien dans son combat contre la Russie et pour la démocratie. Roberta Metsola a donc apporté un soutien politique mais elle ne peut pas prendre d’engagement au nom de l’Union européenne puisque le Parlement européen n’est pas seul à décider. Ce soutien politique était assez facile à porter. Ursula von der Leyen est dans une position différente. Elle dirige la Commission européenne qui est l’administration de l’UE. C’est elle qui gère les fonds pour l’aide aux réfugiés. Elle gère la procédure d’adhésion mais si elle n’en est qu’à ses débuts. Elle gère aussi la centralisation des fonds pour les achats et la livraison d’armes au nom de l’Union européenne. Elle est donc dans la mise en œuvre de ce qui est décidé par les Etats-membres et elle peut aller à Kiev en rappelant cette action et le message de solidarité qui accompagne cette action. Charles Michel, lui, est dans une situation qui est difficile. Il est le président du Conseil européen, c’est-à-dire l’Assemblée des 27 chefs d’Etat et de gouvernement. Lorsqu’il doit parler au nom des 27, il faut une position commune, claire. Or malheureusement pour l’instant les 27 ne sont pas d’accord sur la question de l’adhésion de l’Ukraine, sur la question de l’embargo sur le pétrole et le gaz russes, par exemple. Donc, Charles Michel n’est pas en position de porter une position claire et unique de la part des 27 et finalement, s’il allait à Kiev, il serait critiqué de toute part et affaiblirait le message européen et sa propre position. "

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Un travail de l’ombre

Du fait de son statut et son mandat, Charles Michel joue également son rôle, plus en coulisses. " Le président du Conseil cherche à contourner les obstacles, réconcilier, les différentes positions pour aboutir à un modus vivendi et, en tout cas, aboutir à des positions qui pourraient aller plus loin pour faire face à cette guerre, souligne Eric Maurice. De ce point de vue là, Charles Michel est dans ce rôle-là, probablement de coordonner les positions entre les chefs d’Etat et de gouvernement ou au moins d’être en contact avec eux pour essayer d’aboutir à des positions communes. Ce n’est donc pas un hasard que Charles Michel a annoncé ce vendredi, au moment où Ursula von der Leyen était à Kiev, il a annoncé un sommet européen exceptionnel les 30 et 31 mai sur la guerre en Ukraine, l’énergie et la défense. Charles Michel est dans ce travail un petit peu de l’ombre, en contact très régulier avec les dirigeants des 27 pour aboutir à des positions communes et à de nouvelles actions de l’Union européenne. "

Reste le poids des images, le symbole d’un soutien humain, en personne, que Charles Michel n’a pas – encore – porté à Kiev.

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