Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : plus de deux millions de réfugiés, "C’est historique sur le plan de la rapidité", estime Raouf Mazou

L'invité de Matin Première

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11 mars 2022 à 08:39Temps de lecture2 min
Par Miguel Allo sur base l'invité de Matin Première

Comment s’organisent les convois humanitaires en Ukraine ? L’aide parvient-elle aux plus démunis dans les zones de conflits ? Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés travaille sur place dans des conditions extrêmement difficiles. L’invité de Matin Première était ce vendredi 11 mars Raouf Mazou, Haut-Commissaire assistant chargé des opérations du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR). C’est donc le bras opérationnel de cette agence des Nations Unies.

Raouf Mazou est d'originaire africaine, spécialiste de la gestion de crise. Et c’est du jamais vu : à ce jour, le HCR estime qu’il y a actuellement 2,4 millions de personnes qui ont fui l’Ukraine. Tout cela a eu lieu en deux semaines, une crise inédite dans sa rapidité donc. Les défis humanitaire et logistique sont gigantesques.

Les conditions de travail des équipes en Ukraine sont assez difficiles, note le Haut-Commissaire assistant chargé des opérations du HCR. En plus de l’afflux de réfugiés dans les pays voisins, cet expert rappelle qu’il y a également un grand nombre de déplacés à l’intérieur même de l’Ukraine. Des personnes qui n’ont pas souhaité traverser la frontière ou qui n’ont pas pu le faire.

En Ukraine, les communications sont complexes, voire inexistantes. Cela veut-il dire qu’il y a une volonté de la Russie d’arrêter l’aide humanitaire ? Pour Raouf Mazou, il est clair que toutes les parties doivent faire en sorte que l’aide humanitaire puisse être fournie. Pour veiller à cela, il existe sur place un coordinateur humanitaire. Cela implique une négociation permanente avec les deux parties en conflit. Cela permet d’assister la population qui reste sur place, mais aussi d’aider les personnes qui souhaitent partir en empruntant les corridors humanitaires.

Quant à savoir si ces corridors humanitaires sont suffisamment sécurisés, "il existe toujours un risque quand il y a des corridors humanitaires dont il faut tenir compte", explique Raouf Mazou. "C’est en discutant et en négociant avec les parties en conflit que l’on peut réduire le risque. Mais il est clair que dans une situation de ce type-là, on ne sait jamais qui peut intervenir et à quel moment. Il faut donc faire très attention."

Une situation historique de par la rapidité

La situation actuelle est-elle historique, notamment lorsque l’on regarde les chiffres ? Pour le Haut-Commissaire assistant chargé des opérations du HCR, "c’est historique, je dirais, sur le plan de la rapidité à laquelle on voit ces chiffres. Actuellement on est entre 2,3 et 2,4 millions de personnes qui ont traversé la frontière, en juste deux semaines".

Toujours concernant les chiffres, Raouf Mazou rappelle que "la situation de réfugiés la plus importante dans le monde, c’est la situation syrienne. Il y a à peu près 5,7 millions de Syriens qui sont en exil. Donc en terme de nombre, c’est la situation de réfugiés la plus importante. En terme de vitesse, il est clair que ce que l’on est en train d’observer actuellement à partir de l’Ukraine est quelque chose d’exceptionnel malheureusement".

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