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Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : les universités belges suspendent leur collaboration avec les universités russes soutenant le conflit

Annemie Schaus, la rectrice de l’ULB, le 11 septembre 2020
11 mars 2022 à 09:43Temps de lecture3 min
Par Kevin Dero sur base d'une interview de Sophie Brems

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le programme Erasmus est chamboulé pour plusieurs étudiants et étudiantes. À peine arrivée en Russie, Sandrine a fait demi-tour. "Oui, je vous avoue que je suis un peu déçue d’avoir quitté la Russie, mais je suis soulagée aussi. Mais nous ne nous sentions pas forcément en danger. Nous avions peur d’avoir des problèmes financiers sur place. On nous avait dit de retirer en liquide pour être sûrs de pouvoir vivre le plus longtemps possible là-bas. Seulement, quand on voulait retirer de l’argent, on en perdait aussi beaucoup" explique l’étudiante.

De tels échanges avec la Russie, des échanges d’étudiants seront de moins en moins faciles. Le Conseil des recteurs francophones a annoncé la suspension des relations avec les universités russes qui soutiennent l’invasion de l’armée en Ukraine. Sont-elles nombreuses ? Qu’est-ce que ça signifie ? Annemie Schaus est rectrice de l’ULB et présidente de ce Conseil des recteurs francophones. Elle était l’invitée de Sophie Brems dans "Matin Première" ce vendredi.

L'invité dans l'actu

Anemie Schaus, rectrice de l'ULB et présidente du Conseil des Recteurs francophone

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Ponts coupés

Les ponts sont donc coupés avec certaines universités ? "Oui", explique Annemie Schaus. "On suspend donc les accords de coopération avec les universités russes qui ont déclaré soutenir la guerre et qui ont repris à leur compte la déclaration de Poutine".

12 universités sur 16 ont signé cette déclaration, "et donc ce sont ces 12 universités-là, mais ça dépend évidemment de chacune des universités locales en fonction des accords qu’elles avaient déjà avec les universités. Donc, il y en a qui en ont plusieurs, d’autres qui n’en ont pas beaucoup. Mais en tout cas, pour ces 12 universités-là, nos accords de coopération sont suspendus".

Quand on parle d’accords de coopération, ici il y avait l’exemple d’Erasmus, mais c’est aussi beaucoup plus large. "Pour l’année en cours, les étudiants qui sont en Russie, nous avons essayé de les faire revenir et la plupart sont revenus. Comme le témoignage le disait, c’est surtout pour des raisons économiques et on ne sait jamais comment ça va tourner. Et pour ceux qui sont en Belgique pour le moment, ils peuvent évidemment continuer leur cursus. C’est plutôt l’année prochaine, l’année académique prochaine, que les relations institutionnelles seront suspendues, et donc l’université n’organisera effectivement plus des échanges Erasmus. Par contre, les étudiants individuels qui souhaitent venir suivre un cursus en Belgique pourront évidemment le faire. Et pour ce qui est des relations de recherche, c’est la même chose" explicite la rectrice de l’ULB.

Les étudiants qui sont en Russie, nous avons essayé de les faire revenir et la plupart sont revenus

Mais des programmes de recherche doivent aussi continuer à être menés "Mais là, pour éviter d’abandonner nos collègues qui s’opposent à la guerre, et vous avez vu qu’il y en avait quand même beaucoup, il y a eu une déclaration dans le monde de 644 chercheurs. Donc, eux, au contraire, on les soutient puisqu’ils sont en danger et ils sont donc bienvenus en Belgique" dit Annemie Schaus.

Des échanges avec des étudiants russes ou des programmes de coopération importants pour l’université bruxelloise : "Ce n’est pas notre plus grande coopération, mais nous avions par exemple cette année-ci 16 étudiants en Russie, et donc 13 d’entre eux sont revenus. Et pour l’année prochaine, les choix des destinations sont en train de se faire, donc je suppose que beaucoup d’étudiants ne choisiront pas d’aller en Russie, et de toute façon, institutionnellement, nous ne l’organiserons pas".

Décision collégiale

Les grandes universités belges, donc les universités francophones et flamandes ont pris la même décision ensemble. A l’unanimité. Annemie Schaus d’insister : "le soutien aux chercheurs en danger est maintenu".

Au niveau des universités, certaines ont-elles été contraintes de faire cette déclaration pour garder peut-être un financement ? "Oui, sans doute que certaines d’entre elles sont contraintes. Il y a évidemment des universités d’État, donc elles n’ont pas fort le choix, et c’est pour ça qu’on veut maintenir les relations avec les personnes individuellement. Et donc, les laboratoires de recherche pourront décider individuellement de maintenir ou non leur relation de recherche avec les universités russes" analyse la rectrice de l’ULB.

Supposons qu’une université revienne sur sa déclaration. Les relations pourront alors reprendre

Une décision davantage sanction envers la Russie ou soutien aux Ukrainiens ? "C’est plutôt une sanction envers les universités qui, institutionnellement, ont décidé de soutenir la guerre, et donc menacent et violent le droit international et les libertés publiques". Des universités qui ne soutiennent plus la démocratie, comme indiqué dans le communiqué. Les choses pourraient donc évoluer… "Supposons qu’une université revienne sur sa déclaration. Les relations pourront alors reprendre" indique Annemie Schaus.

 

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