Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : les pays de l'Union européenne s'accordent sur une réduction de la consommation de gaz pour l'hiver prochain

Image d'illustration

© Getty

26 juil. 2022 à 10:16 - mise à jour 26 juil. 2022 à 10:20Temps de lecture4 min
Par Kevin Dero et agences

Les Etats membres de l'Union européenne sont parvenus à un accord sur un plan de réduction coordonnées de leur consommation de gaz. Ils l'ont approuvé pour réduire leur dépendance envers Moscou, après une nouvelle baisse drastique des livraisons russes.


A lire aussi : Guerre en Ukraine : la baisse des livraisons de gaz russe, une "nouvelle preuve" que l’UE doit s’affranchir de Moscou ?


"Ce n'était pas une Mission impossible! Les ministres (de l'Energie de l'Union européenne, ndlr) sont parvenus à un accord politique pour réduire la demande de gaz en prévision de l'hiver prochain", a déclaré sur Twitter la République tchèque, qui assure la présidence tournante de l'UE.

 

A revoir : sujet JT de ce lundi 26 juillet

Mécanisme d'alerte

L'accord porte sur une réduction volontaire de 15% de la demande de gaz naturel cet hiver, précise un communiqué. Un mécanisme d'alerte est également prévu, par lequel la réduction de la demande deviendra obligatoire.
 

"L'UE est unie et solidaire. La décision d'aujourd'hui a clairement montré que les États membres s'opposeront à toute tentative russe de diviser l'UE en utilisant l'approvisionnement énergétique comme une arme", a déclaré le ministre tchèque en charge de l'Énergie, Jozef Sikela, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE.

En économisant du gaz maintenant, nous serons mieux préparés

"L'adoption de la proposition (...) en un temps record a incontestablement renforcé notre sécurité énergétique commune. En économisant du gaz maintenant, nous serons mieux préparés. L'hiver sera beaucoup moins coûteux et plus facile pour les citoyens et l'industrie de l'UE", a-t-il affirmé.

Opposition de la Hongrie

"Réduire notre consommation de gaz (...) est le meilleur moyen de réagir au chantage au gaz de Poutine", a commenté son homologue luxembourgeois, Claude Turmes. Parmi les 27, seule la Hongrie s'est opposée au texte, a-t-il souligné.

"Nos chaines de production industrielles sont complètement interdépendantes. Si la chimie tousse en Allemagne alors c'est toute l'industrie européenne qui peut s'arrêter", avait averti la ministre française Agnès Pannier-Runacher, à son arrivée pour la réunion.

Au cœur du dispositif européen, la réduction contraignante de 15% de la consommation avait suscité des critiques.

Elle vise à mutualiser l'effort en cas d'urgence pour aider notamment l'Allemagne, très dépendante du gaz russe. Un choc majeur sur la première économie européenne se répercuterait immanquablement sur l'ensemble des Vingt-Sept. D'où le besoin de solidarité.

Elle impose de fait des contraintes à des pays comme la France ou l'Espagne, pourtant à l'abri d'une rupture des approvisionnements russes grâce à leurs politiques énergétiques.

"L'Allemagne a commis une erreur stratégique dans le passé" en cultivant cette dépendance envers Moscou et le gouvernement travaille d'arrache-pied pour la supprimer, a reconnu le ministre allemand Robert Habeck, tout en demandant la solidarité européenne. "Nous devons maintenant résoudre cela ensemble", a-t-il dit.

Le plan avait fait ces derniers jours l'objet de vives critiques de la part de plusieurs États. Parmi les plus virulents: les pays d'Europe du sud, dont l'Espagne, où le souvenir des plans de rigueur douloureux imposés par Berlin après la crise financière de 2008 est encore vif.

La ministre espagnole de la Transition écologique Teresa Ribera avait dénoncé un manque de concertation de la Commission et jugé le plan "injuste" et "inefficace".

Les diplomates des 27 en ont tenu compte. Ce sera finalement le Conseil de l'UE, représentant les États membres, et non la Commission, comme celle-ci le demandait, qui décidera de la mise en œuvre éventuelle des objectifs contraignants.

L'accord prévoit des exemptions pour les États, notamment insulaires, qui ne sont pas interconnectés aux réseaux de gaz des autres pays ou pour ceux qui ont dépassé leurs objectifs de remplissage des réservoirs de gaz. Il réduit aussi l'objectif d'économie des pays dont les interconnections sont limités ou qui ont besoin du gaz pour certaines "industries critiques".

Opposition hongroise

"Réduire notre consommation de gaz (...) est le meilleur moyen de réagir au chantage au gaz de Poutine", a commenté son homologue luxembourgeois, Claude Turmes. Parmi les 27, seule la Hongrie s'est opposée au texte, a-t-il souligné.

"Nos chaines de production industrielles sont complètement interdépendantes. Si la chimie tousse en Allemagne alors c'est toute l'industrie européenne qui peut s'arrêter", avait averti la ministre française Agnès Pannier-Runacher, à son arrivée pour la réunion.

Au cœur du dispositif européen, la réduction contraignante de 15% de la consommation avait suscité des critiques.

Si la chimie tousse en Allemagne alors c'est toute l'industrie européenne qui peut s'arrêter

 

Extraits de notre journal de 13h de ce mardi :

Repentance allemande

Elle vise à mutualiser l'effort en cas d'urgence pour aider notamment l'Allemagne, très dépendante du gaz russe. Un choc majeur sur la première économie européenne se répercuterait immanquablement sur l'ensemble des Vingt-Sept. D'où le besoin de solidarité.

Elle impose de fait des contraintes à des pays comme la France ou l'Espagne, pourtant à l'abri d'une rupture des approvisionnements russes grâce à leurs politiques énergétiques.

"L'Allemagne a commis une erreur stratégique dans le passé" en cultivant cette dépendance envers Moscou et le gouvernement travaille d'arrache-pied pour la supprimer, a reconnu le ministre allemand Robert Habeck, tout en demandant la solidarité européenne. "Nous devons maintenant résoudre cela ensemble", a-t-il dit.

L'Allemagne a commis une erreur stratégique dans le passé

Le plan avait fait ces derniers jours l'objet de vives critiques de la part de plusieurs États. Parmi les plus virulents: les pays d'Europe du sud, dont l'Espagne, où le souvenir des plans de rigueur douloureux imposés par Berlin après la crise financière de 2008 est encore vif.

La ministre espagnole de la Transition écologique Teresa Ribera avait dénoncé un manque de concertation de la Commission et jugé le plan "injuste" et "inefficace".

Les diplomates des 27 en ont tenu compte. Ce sera finalement le Conseil de l'UE, représentant les États membres, et non la Commission, comme celle-ci le demandait, qui décidera de la mise en œuvre éventuelle des objectifs contraignants.

L'accord prévoit des exemptions pour les États, notamment insulaires, qui ne sont pas interconnectés aux réseaux de gaz des autres pays ou pour ceux qui ont dépassé leurs objectifs de remplissage des réservoirs de gaz. Il réduit aussi l'objectif d'économie des pays dont les interconnections sont limités ou qui ont besoin du gaz pour certaines "industries critiques".

Sur le même sujet

La Chine revendrait du gaz russe à l’Europe, en multipliant le prix au passage

Monde

Pour Samuel Furfari, "cette crise est temporaire", "le gaz est hyperabondant", son prix va chuter

Monde Europe

Articles recommandés pour vous