RTBFPasser au contenu
Rechercher

Monde

Guerre en Ukraine : le Conseil des droits de l'homme tiendra un débat urgent jeudi

Michelle Bachelet, haute-commissaire aux droits de l'homme.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie fera l'objet d'un débat urgent devant le Conseil des droits de l'homme jeudi, où Kiev, soutenu par une large coalition de pays, veut demander une enquête sur les violations des droits humains par Moscou.

La proposition de tenir le débat a été mise au vote à la demande de Moscou et a été adoptée par 29 voix pour, 5 contre dont la Russie, la Chine et Cuba et 13 abstentions. Le Conseil compte 47 membres.

Une attaque contre chaque membre de l'ONU

"C'était une attaque pas seulement contre l'Ukraine, mais une attaque contre chaque État membre de l'ONU, contre les Nations unies et contre les principes que cette organisation a été créée pour défendre", a dénoncé l'ambassadrice ukrainienne Yevheniia Filipenko, devant un hémicycle plein.

"Cette proposition d'un débat urgent sur ce sujet n'a rien à voir avec les vraies inquiétudes sur les droits de l'homme en Ukraine", a lancé l'ambassadeur russe, Guennadi Gatilov. "Nous n'avions d'autres choix" que de mener cette opération, a-t-il affirmé, face aux violations présumées des droits humains dans les régions séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine.

Nous n'avions d'autres choix.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a estimé, par vidéo, à l'ouverture de la session, que la Russie "n'est pas un État fort" parce qu'elle a peur des droits humains. 

"Les droits humains sont incontournables" et ne peuvent être "confisqués par la dictature", a affirmé Antonio Guterres, qui a renoncé à se rendre à Genève pour gérer la crise ukrainienne depuis New York. Et les autocrates savent que ces droits "constituent la plus grande menace pour leur pouvoir".

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies.
Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies. AFP or licensors

Ils ne reculent devant rien pour rejeter, écarter et détourner l'attention les populations, alors qu'ils bafouent les droits humains et les libertés, a également insisté M. Guterres, sans nommer le président russe Vladimir Poutine.

Un Etat qui craint la puissance des droits humains.

Dans une allusion en revanche claire à l'interdiction de l'ONG russe Memorial, il a affirmé que la fermeture d'une organisation "reconnue, pour son histoire et ses liens internationaux, n'est pas le signe d'un État fort". Mais celui "d'un État qui craint la puissance des droits humains".

L'Ukraine sera au centre des cinq prochaines semaines dans les travaux du Conseil des droits de l'homme. Mardi, le ministre russe Sergueï Lavrov et le secrétaire d'État américain Antony Blinken doivent s'exprimer devant l'instance onusienne, avant leur homologue ukrainien Dmytro Kouleba mercredi.

Lors du débat urgent, jeudi, l'Ukraine et ses partisans espèrent faire adopter une résolution condamnant l'invasion et demandant la création d'un mécanisme onusien d'enquête sur les violations présumées des droits de l'homme par les troupes du président russe Vladimir Poutine.

Sur le même sujet

« Celui qui sait saura qui je suis »: un documentaire intriguant

Fenêtre sur doc

Guerre en Ukraine : Sergey Lavrov boycotté devant le Conseil des droits de l’homme

Monde

Articles recommandés pour vous