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Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : la vidéo dans les souterrains d'Azovstal à Marioupol où civils et soldats attendent leur évacuation

Guerre en Ukraine : la vidéo dans les souterrains d'Azovstal à Marioupol où civils et soldats attendent leur évacuation
30 avr. 2022 à 11:14 - mise à jour 01 mai 2022 à 10:303 min
Par A. Lechien, T. Shamsur (Traduction), L. Contor (Sous-titrage) & B.Massart (Graphisme)

A Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine, un millier de civils et des centaines de blessés, selon le président Volodymyr Zelensky, se cachent dans un réseau de souterrains situés sous le complexe métallurgique d’Azovstal. Certains de ces femmes et enfants y vivent déjà depuis le 27 février dernier. En surface, les 11 kilomètres carrés d'installations de l’usine ont été en grande partie détruites par les bombardements. Dans les 24 kilomètres de souterrains, ces civils sont abrités dans des conditions catastrophiques, manquant d’eau et de vivres. Il s’agit souvent d’ouvriers de l’usine et de leurs familles, mais parfois de résident de Marioupol qui ont voulu s’abriter des tirs et des bombardements, ou de soldats ukrainiens venus les aider. Un dédale de galeries souterraines qui "rassure", car personnes n'a oublié le bombardement du théâtre de Marioupol au début du conflit au cours duquel plus de 300 personnes réfugiés dans ce lieu de culture sont décédées.

Dans les souterrains d'Azovstal

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Cette vidéo, tournée par des soldats ukrainiens alors qu’ils ravitaillent les civils abrités dans cette citadelle souterraine de six étages, permet de se rendre compte de la précarité et des conditions extrêmes dans lesquelles vivent les personnes retranchées. Pour s’occuper, certains enfants fabriquent des corbeilles en osier, d’autres jouent avec des téléphones portables, mais ils tous ont hâte de sortir de cet abri et de voir enfin le soleil. "Nous voulons rentrer à la maison, revoir nos parents et nos proches. Ils nous manquent beaucoup", disent-ils.

Nous arrivons au bout de nos vivres

Des civils qui espèrent fuir ces souterrains dès qu’un couloir humanitaire sera ouvert et leur permettra d’aller dans un "territoire ukrainien plus sûr". "Chaque famille est inquiète pour ses enfants, ses aînés, malades qui n’auront bientôt plus de force, même pour sortir d’ici. Nous demandons une garantie de sécurité pour nos enfants qui ne vivent pas un jour sans entendre de bombardements ni de tirs, ils ont même peur d’aller aux toilettes ! Les conditions dans lesquelles nous vivons sont horribles ! Nous arrivons au bout de nos vivres. Bientôt nous ne pourrons plus nourrir nos enfants", explique une mère de famille.

Depuis le 27 février nous n’avons pas vu la lumière du jour

"Nous avons demandé plusieurs fois d’être évacués d’Azovstal. Nous voulons voir un ciel paisible, respirer un peu d’air frais ! Vous ne vous imaginez pas ce que manger et boire un peu de thé chaud représente pour nous !", explique une autre. Une fillette explique être dans ce souterrain depuis le 27 février : "Avec ma mère et ma grand-mère, nous avons dû fuir. Depuis le 27 février nous n’avons pas vu la lumière du jour. Nous voulons sortir sans se faire tirer dessus. Mon frère était à Kharkiv, et il a réussi à aller jusqu’à Lviv". Une autre, qui "veut sortir d’ici le plus vite possible" tient à "remercier les soldats qui nous apportent à manger et qui nous soutiennent".

"Je veux tellement revoir la lumière du jour. L’Ukraine doit gagner, l’Ukraine, c’est notre maison !" dit un garçon qui est caché dans ce souterrain depuis deux mois.

Un soldat ukrainien explique qu’il a rejoint cet abri après que son unité a été bombardée. Il y travaille depuis 56 jours : "Nous avons peu d’eau et de nourriture. Nous avons besoin d’un cessez-le-feu pour pouvoir évacuer. Je voudrais revoir mes proches, ma famille. S’il vous plaît, ouvrez un couloir humanitaire pour évacuer nos femmes, nos enfants, nos personnes âgées ! Nous ne tiendrons pas longtemps comme cela".

Une série de témoignages qui, même s'ils ont été réalisés par des soldats ukrainiens avec ce que cela implique de subjectivité, ne doivent pas occulter la dure réalité à laquelle sont confrontés ces personnes réfugiées dans l'aciérie. 

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