Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : la situation sur le terrain, Marioupol toujours assiégée, contre-offensives ukrainiennes

L’avancée russe en Ukraine patine
29 mars 2022 à 12:02Temps de lecture2 min
Par Jean-François Herbecq et Damien Hendrichs

Au 34ème jour de l’offensive russe, Ukrainiens et Russes reprennent leurs pourparlers à Istanbul pendant que les combats se poursuivent. Sur le terrain, l’avancée russe patine, laissant la place à de violentes frappes. Deux points névralgiques ressortent de la carte : Marioupol, port encerclé et ville stratégique pour le passage terrestre entre le territoire russe et la péninsule de Crimée, qui pourrait tomber prochainement, et Irpin, près de Kiev, que les forces ukrainiennes ont repris à l’armée russe.

Contre-offensive ukrainienne

C’est évidemment l’arrêt de la poussée russe sur Kiev mais aussi sur d’autres villes ukrainiennes qui constitue l’élément majeur des derniers développements. L’armée ukrainienne passe à la contre-offensive. Elle dit avoir repris lundi le contrôle d’Irpin, petite ville de 60.000 habitants située à 25 km au nord-ouest de Kiev près de l’aéroport de Hostomel’. Est-ce un tournant qui va permettre d’éviter l’encerclement de Kiev ?

"Les occupants sont repoussés d’Irpin, repoussés de Kiev. Cependant, il est trop tôt pour parler de sécurité dans cette partie de notre région. Les combats continuent. Les troupes russes contrôlent le nord de la région de Kiev, disposent de ressources et de main-d’oeuvre", a déclaré le président ukrainien Zelensky dans une vidéo lundi soir.

Et en effet Irpin essuyait ce mardi des bombardements russes, des tirs sporadiques sont entendus, la situation n’est donc pas stabilisée. Les journalistes n’ont pas accès à la zone pour l’instant, que l’armée ukrainienne "nettoie".

Le ministère ukrainien de l’Intérieur annonce aussi des offensives à l’est de Kiev : après le village de Lukianivka il y a quelques jours, c’est celui de Rudnytske qui a été "libéré".

Autres annonces de contre-offensives ukrainiennes : les Russes ont été repoussés à Mala Rogan, petit village à 4 km à l’est de Kharkiv et près de Kryvy Rih, ville natale du président ukrainien Zelensky, "à 40-60 km de la ville", et autour de Kherson, ville aux mains des Russes. Autant d’informations difficiles à recouper.

A l’est du pays, les villes de Chernihiv, Sumy et Kharkiv n’ont plus été bombardées depuis 24 heures, par contre un bâtiment administratif de Mykolaïv, port de 500.000 habitants dans le sud l’a été.

Autour de Kharkiv, deuxième ville d’Ukraine, proche de la frontière russe, des mercenaires russes du groupe Wagner ont été déployés, indique le ministère britannique de la Défense: plus d’un millier de ces hommes pourraient être amenés à combattre dans le pays.

Marioupol toujours assiégée

A Marioupol, la ville qui comptait avant l’invasion près de 450.000 habitants est exsangue. 160.000 personnes y seraient toujours coincées. La présidence ukrainienne affirme que le bilan est de 5000 voire 10.000 morts, dont environ 210 enfants, précisent les autorités locales.

La ville manque de médicaments et de vivres.

Le maire de Marioupol appelle à l’évacuation complète des résidents pris sous le feu des bombes russes. Mais les couloirs d’évacuation restent aux mains des Russes. Kiev a décidé de ne pas les ouvrir, par crainte de "provocations".

Après les annonces russes que l’offensive allait se concentrer sur la "libération du Donbass", la présidence ukrainienne redoute une "aggravation" de la situation dans cette ville située au sud de ce bassin minier et qui est son principal débouché maritime ainsi qu’un centre sidérurgique important.

 

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