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Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : la situation sur le terrain au 132e jour

Des pompiers tentent de contenir un incendie dans le marché central de Sloviansk (Ukraine) après un bombardement, le 5 juillet 2022
05 juil. 2022 à 18:05Temps de lecture2 min
Par AFP, édité par Paul Verdeau

La ville de Sloviansk, dans l'est de l'Ukraine, a fait l'objet d'un bombardement "massif" des forces russes, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky réclame à son peuple des "efforts surhumains" pour gagner la guerre.

"Nous devons briser" l'ennemi, a lancé le chef de l'Etat.

Voici un point de la situation au 132e jour de la guerre à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

L'Est

Au moins deux personnes ont été tuées et sept autres blessées dans un bombardement sur Sloviansk, la prochaine cible des forces russes, ont annoncé les autorités mardi.

"Sloviansk ! Bombardement massif de la ville. Le centre, le nord. Tout le monde reste à l'abri", a écrit sur Facebook Vadim Liakh, le maire de cette cité de 100.000 habitants avant la guerre.

Après la chute de Lyssytchansk, l'urgence pour l'Ukraine est de contenir la progression russe vers l'ouest et deux villes majeures de la région voisine de Donetsk : Sloviansk et Kramatorsk.

Selon le gouverneur de la région de Donetsk, Pavlo Kirilenko, 10 personnes - dont deux enfants - avaient péri dimanche dans des frappes russes à Sloviansk et dans ses environs.

A Siversk, entre Lyssytchansk et Sloviansk, les militaires ukrainiens semblaient mardi vouloir tenir une ligne de défense entre cette localité et Bakhmout, plus au sud.

Les Ukrainiens "se sont probablement largement repliés en bon ordre (de Lyssytchansk et Severodonetsk), en application d'un plan existant", estime le ministère britannique de la Défense, qui juge "réaliste" qu'ils s'installent sur une ligne de front plus aisément défendable.

L'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW) relève pour sa part que les Russes ont "poursuivi leurs offensives à l'est de Bakhmout pour se préparer à avancer vers Bakhmout et Siversk".

Nord-Est

Dans la soirée de lundi, l'armée ukrainienne a fait état de tentatives d'assaut russes repoussées dans la région de Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine. Trois civils y sont morts dans des bombardements survenus lundi avant l'aube, selon les autorités locales.

Le Sud

Un responsable russe issu des puissants services de sécurité (FSB) a pris la tête mardi du gouvernement de la région ukrainienne de Kherson, occupée par les forces russes. Sergueï Elisseïev était jusqu'alors premier adjoint au chef du gouvernement de la région russe de Kaliningrad (nord-ouest).

"La Russie est ici pour toujours", a déclaré un ancien député ukrainien passé du côté de Moscou, Alexeï Kovalev, qui a survécu fin juin à une tentative d'assassinat.

Mais les combats se poursuivent dans toute la région avec pour enjeu notamment les ports de la mer Noire. Les Ukrainiens continuent de contre-attaquer et de reprendre du terrain, souligne l'ancien général australien Mick Ryan, pour qui le front sud est le plus important du conflit sur le plan stratégique.

Otan

Les 30 pays membres de l'Otan ont enclenché mardi le processus de ratification pour les adhésions de la Suède et de la Finlande. "A 32, nous serons encore plus forts (...) au moment où nous faisons face à la plus grave crise sécuritaire depuis des décennies", a souligné le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg.

"Nous n'envisageons pas d'avoir une présence supplémentaire dans les deux pays, ils ont des forces nationales redoutables. Ils sont en capacité de se défendre", a par ailleurs déclaré à l'AFP son secrétaire général adjoint, Mircea Geoana.

Tortures

La Russie a déclaré enquêter sur les tortures qu'auraient subies des soldats capturés par les forces ukrainiennes puis libérés à l'occasion d'un échange de prisonniers.

"Le Comité d'enquête russe vérifie des faits de traitements inhumains des soldats russes prisonniers de l'Ukraine", a dit ce puissant organisme chargé des enquêtes pénales.

Moscou et Kiev ont procédé à plusieurs échanges de prisonniers de guerre. Le dernier en date remonte au 29 juin et concernait 144 Ukrainiens et autant de Russes.

Bélarus

Le président Zelensky a estimé mardi que le Bélarus, un allié de Moscou, n'entrerait pas en guerre. "Nous croyons que le Bélarus ne sera pas entraîné dans cette guerre, mais il y a des provocations et elles continueront", a-t-il déclaré.

Céréales bloquées

Un cargo battant pavillon russe, au centre d'une bataille diplomatique entre Kiev et Moscou, restait ancré mardi au large de la Turquie en mer Noire pour le cinquième jour consécutif, a constaté l'AFP.

L'Ukraine, qui accuse la Russie de voler ses récoltes de blé, affirme que le Zhibek Zholy, parti jeudi du port ukrainien de Berdiansk, sous occupation russe, est chargé de 7.000 tonnes de céréales obtenues illégalement.

Une source diplomatique turque a affirmé à l'AFP qu'une "inspection" était en cours à son bord.

Dizaines de milliers de morts

La Haute-Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies Michelle Bachelet a fustigé mardi le bilan civil "intolérable" du conflit, avec près de 5.000 victimes civiles confirmées, dont 335 enfants.

Le chiffre est probablement largement sous-évalué. Pour la seule ville de Marioupol (sud-est), tombée en mai au terme d'un terrible siège, Kiev avait évoqué quelque 20.000 morts mais sans fournir d'éléments de preuve.

Sur le plan militaire, des sources de sécurité occidentales évoquent désormais de 15.000 à 20.000 soldats russes tués. Les forces ukrainiennes perdent chaque jour une centaine de soldats, selon Kiev.

Aucune statistique indépendante n'est disponible.

Ukrainiens déplacés ou réfugiés

Plus de six millions d'Ukrainiens sont déplacés à l'intérieur de leur pays, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR).

Ils s'ajoutent aux quelque 5,5 millions d'Ukrainiens enregistrés en tant que réfugiés dans d'autres Etats européens depuis le début de l'invasion le 24 février.


AFP

A Siversk, entre Lyssytchansk et Sloviansk, les militaires ukrainiens semblaient mardi vouloir tenir une ligne de défense entre cette localité et Bakhmout, plus au sud.

Les Ukrainiens "se sont probablement largement repliés en bon ordre (de Lyssytchansk et Severodonetsk), en application d’un plan existant", estime le ministère britannique de la Défense, qui juge "réaliste" qu’ils s’installent sur une ligne de front plus aisément défendable.

L’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW) relève pour sa part que les Russes ont "poursuivi leurs offensives à l’est de Bakhmout pour se préparer à avancer vers Bakhmout et Siversk".

Le Nord-Est

Dans la soirée de lundi, l’armée ukrainienne a fait état de tentatives d’assaut russes repoussées dans la région de Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine. Trois civils y sont morts dans des bombardements survenus lundi avant l’aube, selon les autorités locales.

Le Sud

Un responsable russe issu des puissants services de sécurité (FSB) a pris la tête mardi du gouvernement de la région ukrainienne de Kherson, occupée par les forces russes. Sergueï Elisseïev était jusqu’alors premier adjoint au chef du gouvernement de la région russe de Kaliningrad (nord-ouest).

"La Russie est ici pour toujours", a déclaré un ancien député ukrainien passé du côté de Moscou, Alexeï Kovalev, qui a survécu fin juin à une tentative d’assassinat.

Mais les combats se poursuivent dans toute la région avec pour enjeu notamment les ports de la mer Noire. Les Ukrainiens continuent de contre-attaquer et de reprendre du terrain, souligne l’ancien général australien Mick Ryan, pour qui le front sud est le plus important du conflit sur le plan stratégique.

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