Politique

Guerre en Ukraine et prix de l’énergie : "En matière de sécurité d’approvisionnement, tout est assuré"

L'invité de Matin Première: Tinne Van Der Straeten

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01 mars 2022 à 08:25Temps de lecture2 min
Par Estelle De Houck sur base de l'invité de Danielle Welter

Ce lundi avait lieu une réunion en urgence des ministres européens de l’Énergie. Il faut dire que la guerre en Ukraine aggrave une nouvelle fois la crise énergétique. Alors, faut-il s’inquiéter de cette nouvelle envolée des prix ? La Belgique doit-elle revoir sa stratégie énergétique ?

Lors de cette réunion, la ministre fédérale de l’énergie Tinne Van der Straeten plaidait pour le plafonnement du prix du gaz au niveau européen.

"La Belgique a plaidé pour un gel temporaire du prix du gaz", confirme la ministre. "Mais d’autres pays comme la Grèce sont également en faveur d’une régulation des prix."

Le monde a changé, il y a une guerre aujourd’hui

L’enjeu était donc de se mettre d’accord sur un coût maximum avant que les prix n’augmentent à nouveau. Mais est-ce vraiment réaliste alors qu'ils n’ont cessé d’augmenter, même avant l’invasion de l’Ukraine ?

"Le monde a changé, il y a une guerre aujourd’hui", insiste la ministre. "On doit donc faire appel à des mesures extraordinaires, qu’on ne pouvait pas imaginer il y a quelques mois. Maintenant on est dans cette situation et il faut réagir."

L’approvisionnement

A noter que notre pays a une dépendance limitée au gaz russe : elle s’élève à 6%. Mais puisque tout est lié, le gaz qui ne nous vient pas de Russie provient d’autres pays européens, eux-mêmes dépendants de la Russie. Alors que ferons-nous si les Russes décident de fermer le robinet du gaz ?

"Il y a deux choses : l’approvisionnement et le prix", distingue Tinne Van der Straeten. "Du côté approvisionnement, nous dépendons du gaz russe autour de 4 à 6%, mais il y a aussi le pétrole jusqu’à 30% et l’uranium autour de 20%."

La ministre affirme donc qu’il n’y a pas de crainte à avoir, faisant notamment référence à notre connexion avec la Norvège et au gaz liquéfié à Zeebrugge. Par contre, Tinne Van der Straeten admet que personne n’échappe aux prix. Face aux coûts, chaque pays est frappé de la même manière.

Quid des stocks ?

Autre problème, la question des stocks. Selon les experts, ils sont tellement bas que nous ne pourrions tenir que jusqu’à l’été. Qu’allons-nous faire après ?

Selon la ministre, ce problème est partagé parmi les pays de l’Union européenne. "Nous allons agir de façon coordonnée, dans nos législations nationales mais aussi au niveau européen, pour que les stockages soient remplis partout en Europe avant l’hiver prochain."

Quant au pétrole, la ministre pointe des réserves stratégiques de trois mois ainsi que des réserves commerciales chez les producteurs belges. "Aujourd’hui, en matière de sécurité d’approvisionnement, tout est assuré", insiste-t-elle.

La transition énergétique

Reste la question de la compensation du gaz russe. Et pour la ministre fédérale de l’Énergie, accélérer la transition énergétique est la solution. La terrible crise que l’on connaît pour le moment pourrait donc bénéficier à l’éolien et au solaire.

Nous sommes trop dépendants des énergies fossiles

"Nous sommes trop dépendants des énergies fossiles et je suis contente qu’aujourd’hui on réalise qu’il faut faire autrement", conclut la ministre fédérale de l’Energie.

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