Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine et Europe : la Hongrie, opposée à un prêt commun, va verser une aide à l’Ukraine

Viktor Orban, le 30 mai dernier à Bruxelles (illustration)

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24 nov. 2022 à 11:54 - mise à jour 24 nov. 2022 à 12:54Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par K.D.

Le gouvernement hongrois, accusé de faire du "chantage" à l’égard de Bruxelles, a annoncé l’envoi à l’Ukraine d’une aide financière bilatérale, et non dans le cadre proposé par la Commission européenne d’un plan d’aide commun.

"Nous allons fournir 187 millions d’euros à l’Ukraine, issus du budget national", a déclaré jeudi sur Twitter Balazs Orban, directeur politique du Premier ministre nationaliste Viktor Orban (sans lien de parenté), au lendemain de la publication d’un décret en ce sens.

"Ce sera la contribution de la Hongrie à l’aide commune de l’UE de 18 millions d’euros, mais pas à travers un prêt commun", a-t-il expliqué.

Viktor Orban s’était opposé la semaine dernière à la proposition européenne d’accorder à l’Ukraine une aide de 18 milliards d’euros pour 2023, sous forme de prêts dont les intérêts seraient pris en charge par les Etats membres.

Ce sera la contribution de la Hongrie à l’aide commune de l’UE de 18 millions d’euros, mais pas à travers un prêt commun

 

 

"Pur chantage politique"

"La Hongrie ne va pas accepter que les membres de l’UE contractent ensemble des prêts pour aider l’Ukraine", avait-il insisté, préconisant le versement d’une somme, divisée "équitablement" entre les Vingt-Sept.

Le gouvernement "demeure attaché à soutenir financièrement l’Ukraine face à la guerre", souligne le décret.

Le commissaire européen au Budget, Johannes Hahn, avait estimé que ce "blocage" de la Hongrie relevait du "pur chantage politique".

17 mesures hongroises

Au cours de ses douze ans au pouvoir, le Premier ministre hongrois a régulièrement bloqué ou menacé de bloquer les mesures de l’UE, qu’il s’agisse des questions migratoires ou des sanctions contre la Russie.

Cette décision intervient alors que Bruxelles s’apprête à prendre une décision sur le gel de milliards de fonds européens en raison des problèmes de corruption et d’attribution de marchés publics dans ce pays.

Un argent dont la Hongrie, en proie à une inflation galopante et une monnaie, le forint, en chute libre, a plus que jamais besoin.

Le Parlement européen a récemment estimé que les 17 mesures annoncées par la Hongrie n’étaient pas suffisantes et pas complètement mises en œuvre, appelant à la poursuite de la procédure à l’encontre de Budapest.

La décision finale reviendra au Conseil (Etats membres), après avis de la Commission.

Plénière à Strasbourg

Le Parlement européen a approuvé jeudi à Strasbourg, où il est réuni en plénière, une résolution estimant que la Hongrie n'a pas suffisamment progressé pour éliminer toutes les inquiétudes liées à la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts qui peuvent menacer la bonne utilisation des fonds européens. La Hongrie s'est engagée à mettre en place 17 mesures correctives, dans l'espoir de débloquer des fonds de cohésion que le Conseil (Etats membres) pourrait décider de suspendre. Mais selon le texte voté jeudi, porté par les quatre plus grands groupes du Parlement (PPE, S&D, Renew, Verts/ALE) et par La Gauche, ces 17 mesures "ne sont pas suffisantes pour supprimer le risque systémique actuel pour les intérêts financiers de l'Union".

Le Parlement européen invite donc la Commission à reconnaitre ce risque dans sa prochaine évaluation, et espère que le Conseil approuvera (à la majorité qualifiée) des mesures de protection du budget de l'Union (càd la suspension de fonds), jusqu'à ce qu'il soit démontré qu'il y a une amélioration durable en Hongrie sur tous les points problématiques. 

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