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Economie

Guerre en Ukraine : "effets collatéraux" sur les entreprises belges et occidentales impliquées en Russie

Le marché matinal

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28 févr. 2022 à 10:27Temps de lecture2 min
Par Anthony Roberfroid d'après le marché matinal de Michel Gassé

Le conflit russo-ukrainien affole les marchés. Les combats ont de nombreuses conséquences sur l’économie russe mais la crise est mondiale. Au niveau du continent européen, le principal impact à court terme se fera au niveau de l’inflation.

Pour Didier Bouvignies, associé gérant chez Rothschild Asset Management, celle-ci sera principalement influencée par les matières premières : "Le prix du gaz et du pétrole sera évidemment particulièrement scruté, on voit bien que c’est extrêmement volatil. On avait des prix du gaz en Allemagne qui étaient autour de 180 euros le mégawatt en décembre, qui sont descendus avant ces évènements, à la mi-février, à 70, qui sont remontés à 140 et on est aujourd’hui à 94."

L’intensification des combats et la hausse des tensions ces derniers jours font en tout cas encore monter les prix. C’est notamment le cas du pétrole : celui-ci a bondi de 6% sur les marchés en Asie et le Brent, le pétrole européen, tutoie de nouveau les 100 dollars.

Les tarifs du blé et du maïs ont également augmenté. La Russie et l’Ukraine sont deux des principaux producteurs mondiaux et l’impact de la guerre a provoqué une augmentation des prix de 5%.

Pas encore de récession en Europe

Face aux assauts russes, les autorités européennes et américaines ont décidé de sanctionner l’économie russe. Plusieurs mesures ont été prises, notamment l’exclusion de la Russie du réseau interbancaire Swift.

Mais ces sanctions auront pour conséquence de toucher indirectement les entreprises belges et occidentales actives en Russie : "Il y aura ponctuellement des effets collatéraux sur un certain nombre de sociétés impliquées en Russie, et notamment des sociétés financières", révèle Didier Bouvignies.

Pour l’expert, l’accumulation des sanctions aura un effet sur la croissance européenne. Néanmoins, l’économiste se veut rassurant : "Tout cela mis bout à bout, on enlève moins d’un point de croissance. C’est plutôt de l’ordre de 0,5-0,6 avec un prix de l’énergie 20% supérieurCe n’est pas de nature à casser une croissance qui reste robuste autour de 4% aujourd’hui".

La croissance économique de la zone euro devrait donc atteindre de 3,5% en 2022 au lieu de 4%. Une baisse qui n’est pas négligeable mais l’Europe est loin d’une éventuelle récession et ce, même si l’inflation est galopante dans certains pays européens.

Du côté de la Belgique, l’inflation dépasse désormais les 8% sur un an. Un niveau élevé que notre pays n’avait plus connu depuis le début des années 80. Cette inflation a et aura encore des impacts sur les ménages, en dépit de l’indexation automatique des salaires. Et plus largement, la situation pose un problème à la Banque centrale européenne selon Didier Bouvignies : "Le prix de l’énergie pousse l’inflation à la hausse, ce qui, normalement, pourrait amener la Banque centrale européenne à être moins accommodante. Mais comme cette crise est aussi récessive d’une certaine manière, où elle pénalise la croissance au-delà de l’effet énergétique, ça met la Banque centrale dans une situation plus délicate".

Il est probable que la BCE attende 2023 pour commencer à remonter ses taux d’intérêt, ses taux directeurs.

Sur les marchés, les taux à long terme, les taux qui intéressent les candidats à un crédit hypothécaire par exemple, ont déjà commencé à monter. À titre d’exemple : le taux à 10 ans sur les obligations de l’État belge se situe aujourd’hui à 0,7%, alors qu’il y a quelques mois encore, ce taux était négatif.

Il y a donc déjà une augmentation des taux d’intérêt, en tout cas pour ceux qui investissent à long terme.

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