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Guerre en Syrie: à chacun ses intérêts

Guerre en Syrie: à chacun ses intérêts
15 oct. 2015 à 13:24 - mise à jour 15 oct. 2015 à 13:242 min
Par Maryse Jacob

En Syrie, les États impliqués dans la guerre avancent leurs pions en fonction de leurs intérêts régionaux mais aussi nationaux.

On est bien loin du soulèvement populaire à l’origine de la crise syrienne. En 2011, c’est pacifiquement que les Syriens étaient descendus dans la rue pour réclamer plus de démocratie. Ils étaient loin d’imaginer que 4 ans plus tard, leur pays serait à feu et à sang, qu'ils fuiraient par milliers le régime sanguinaire et les exactions des groupes rebelles. Sans compter les bombardements des différents pays qui ont pris part à la guerre.

Depuis l'intervention militaire russe le 30 septembre, en soutien au régime syrien, les données ont changé. Bachar El Assad renforce ses positions et les bombardements de la coalition internationale contre l’organisation terroriste État Islamique n'entament pas la détermination des djihadistes.

Poutine: la guerre aux djihadistes et aux Tchétchènes 

Mais ce n’est pas uniquement l’État islamique que les russes sont venus combattre en priorité. Vladimir Poutine entend bien préserver ses intérêts en Syrie, dans la région, mais aussi sur son territoire. Raison pour laquelle les avions russes ont bombardé des centaines de cibles, et surtout le groupe rebelle Al Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda. C’est qu’on y compte de nombreux tchétchènes, ennemis de la Russie. Les djihadistes du Caucase sont plusieurs milliers à combattre en Syrie. Pour se venger des bombardements russes, Al Nosra et l’État Islamique ont appelé les djihadistes a tuer des russes. Vladimir Poutine combat les djihadistes en Syrie pour éviter aussi qu'ils reviennent semer la terreur en Russie.

C'est aussi au nom de la légitime défense que la France a décidé de bombarder l’État islamique en Syrie. Les liens entre les djihadistes en Syrie et les cellules dormantes en France ont encore été confirmés le 14 octobre dernier. Amedy Coulibaly, auteur de l’attaque de l’Hyper Cacher à Paris, aurait reçu des instructions de l’étranger. Pour les autorités françaises, les risques d'attentat dans l’Hexagone sont toujours présents.

Erdogan: la guerre aux djihadistes et aux Kurdes 

Autrement dit, la crise syrienne s’inscrit aussi dans des perspectives nationales pour les différents pays impliqués. C’est aussi une manière de concerner les opinions publiques et obtenir le soutien de la population.

Le président turc, Tayyip Erdogan en sait quelque chose. Il a annoncé qu’il allait combattre l’état islamique, mais dans les faits, il est allé bombarder les rebelles kurdes turcs du PKK, avec qui il avait pourtant conclu un trêve. Il pensait qu’en se montrant le plus fort, il allait récolter plus des voix aux prochaines élections. Mais ses manœuvres sont en train de se retourner contre lui. Aujourd’hui, les Turcs manifestent par milliers pour dénoncer l'escalade de la violence et la politique menée par le régime.

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