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Guerre en Irak: le "scandale" des contrats de logistique et de sécurité

Des membres d'une milice privée chargée de la sécurité, le 18 septembre 2007 à Bagdad
08 avr. 2013 à 09:02 - mise à jour 08 avr. 2013 à 10:06Temps de lecture1 min
Par Wahoub Fayoumi

Le chiffre contraste en effet singulièrement avec les affirmations de l’administration américaine à l’entame de la guerre, et plus particulièrement celles de Paul Wolfowitz, à l’époque ministre de la Défense et ardent défenseur de l’entrée en guerre des Etats-Unis : "Il s’agit d’un pays qui a tous les moyens de financer sa propre reconstruction, à très brève échéance", déclarait-il quelques jours après l’invasion.

Des entreprises privées américaines, mais également étrangères, ont littéralement profité de cette manne d’argent public, dont la somme astronomique devait servir tant à la reconstruction, qu’aux mesures de sécurité et de logistique ; des escortes diplomatiques au papier toilette.

Le Financial Times souligne, sans surprise, qu’une entreprise a beaucoup bénéficié de ces contrats publics : KBR, une filiale de Halliburton, la célèbre firme dirigée par le vice-président de George W. Bush, Dick Cheney. 39,5 milliards de dollars en quelques dix années : KBR reçut le plus gros morceau des contrats.

"Des milliards de dollars provenant de l’argent des contribuables américains ont été dépensés ces dernières années pour des projets qui furent peu, ou pas du tout utiles à la réussite de notre mission militaire", explique Claire McCaskill, une sénatrice démocrate à la base de la sévérité accrue face  à ce genre de contrats.

Un rapport de la Commission sur les contrats en temps de guerre, datant de 2011, estime par ailleurs à 60 milliards de dollars la somme d’argent public disparue dans des mauvais versements ou dans la fraude.

Plus d’un an après le retrait des troupes américaines d’Irak, 14 000 contractants se trouvent encore dans le pays, parmi lesquels 5500 gardes de sécurité.

L’utilisation excessive d’entreprises privées dans les guerres en Irak et en Afghanistan suscite toujours la controverse aux Etats-Unis. Ces entreprises ont par ailleurs été impliquées dans certains scandales qui ont choqué l’opinion publique mondiale, comme la fusillade du Square Nisour – durant laquelle 17 Irakiens étaient tombés sous les balles de miliciens de la société privée Blacwater - ou les mauvais traitements à la prison d’Abu Ghraib.

W. Fayoumi, avec The Financial Times

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