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Grévistes de la faim : les associations comptent déposer les 50 premiers dossiers de régularisation d’ici fin août

© LAURIE DIEFFEMBACQ- Belga

16 août 2021 à 11:58Temps de lecture2 min
Par Tom Denis

Les sans-papiers qui demandaient des critères clairs de régularisation ont interrompu leur grève de la faim le 21 juillet dernier. Un accord avait été trouvé et une zone neutre créée pour leur permettre de déposer un dossier de régularisation. L’Office des Etrangers avait alors promis de traiter ces demandes en priorité. Cela concerne plus ou moins 450 personnes.

Ce n’est pas facile de justifier sa présence depuis 20 ans.

C’est le cas de Fouzia, 50 ans. Depuis la fin de sa grève de la faim, elle réunit les notes de ses abonnements de transports en commun, ses rendez-vous chez le médecin, ses attestations de cours de néerlandais. Ces documents sont nécessaires pour prouver à l’office des étrangers qu’elle réside bien en Belgique depuis vingt ans et surtout, qu’elle s’y intègre. "Ce sont des preuves", entame-t-elle quand on lui demande si la tâche est aisée de justifier cette présence sur le territoire belge. "Après trois semaines, il me reste encore trois documents à rassembler. Les services administratifs sont encore à l’arrêt à cause des vacances. Le document le plus dur à obtenir pour moi est la promesse d’embauche. On me dit que c’est le document essentiel pour le dossier. C’est compliqué quand on n’a pas de papier d’avoir quelqu’un qui nous certifie que l’on sera engagé après", raconte cette femme d’origine marocaine arrivée sur le territoire belge en 2001. "Ce n’est pas facile de justifier sa présence depuis 20 ans. Je suis arrivée ici quand j’avais 30 ans. C’est ici que j’ai rencontré 'ma nouvelle famille'. Je n’ai personne là-bas au Maroc", confie-t-elle.

3 à 10 heures de travail pour un dossier

Dans cette quête aux documents sociaux et administratifs, Fouzia est accompagnée par des associations. Des citoyens bénévoles et des avocats se sont portés volontaires pour centraliser les demandes et les déposer de manière groupée à l’Office des Étrangers. "Ce que l’on aimerait, c’est déposer des dossiers par groupe de 50 personnes", explique Juliette Arnould, l’une des coordinatrices juridiques. "Tout ça demande beaucoup de travail. Une demande de régularisation peut prendre entre trois et dix heures en fonction de la situation. Nous attendons de l’Office des Étrangers et c’est ce à quoi elle s’est engagée, qu’elle procède à un réel examen de chaque dossier".

L’Office des Étrangers n’a pas communiqué de critères clairs dans l’accord mais plutôt des exemples concrets de profils qui ont des chances d’être régularisés. "C'est une sorte de ligne directrice", indique Juliette Arnould. "Les familles avec enfants scolarisés sont en bonne voie d’être régularisées, ou bien encore les personnes qui n’ont pas été régularisées en 2009 mais qui ont de la famille en Belgique".

Un délai de 5 jours à 3 semaines avant une réponse

L’Office des Étrangers devrait analyser les demandes dans un délai de 5 jours à 3 semaines avant de donner une réponse. "Aucune régularisation collective n’aura lieu" avaient précisé les autorités lors de l’accord. Les associations espèrent toutefois que les dossiers soient analysés de façon plus souple que d’habitude.

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