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Grève SNCB: vers une scission communautaire des syndicats?

Grève SNCB: vers une scission communautaire des syndicats?
06 janv. 2016 à 08:30 - mise à jour 06 janv. 2016 à 08:302 min
Par RTBF

La grève à la SNCB a démarré sur l'impulsion de l'aile francophone des syndicats. Les Flamands se sont retirés du mouvement il y a quelques jours. Cette division syndicale est-elle le symptôme d'un désaccord plus profond ? 

Pour rappel, les syndicats de la SNCB ont déposé un préavis de grève en décembre pour se faire entendre de la direction. Ils critiquent les exigences de productivité, toujours plus importantes, qui pèsent sur les travailleurs.

Au début, cinq jours de grève sont prévus en janvier. Finalement, ils sont réduits à deux, pour ne pas trop pénaliser les étudiants en examen.

Et, finalement, la semaine passée, surprise : les ailes flamandes de la CGSP cheminots et de la CSC Transcom se retirent du mouvement pour les deux jours de grève maintenus. Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB, exprimait ses craintes ce lundi : la multiplication de ce genre de divisions communautaires déforcerait complètement les actions des syndicats.

Pour Jean Faniel, le directeur du CRISP, il faut rester prudent. "Il faudra quand même voir aujourd’hui et demain sur le terrain si ce sont les dirigeants flamands – qui ont fait un pas en arrière – qui sont suivis par leur base ou si, au contraire, ce sont les dirigeants francophones – qui ont décidé de maintenir la grève pour tout le pays – qui sont suivis par la base flamande. Parce qu’il y a aussi une autre logique ou une autre ligne de fracture possible qui est entre base et appareil et pas seulement sur un plan communautaire".

Ceci dit, les syndicats, même s'ils restent des organisations unitaires, ont déjà des structures relativement distinctes d'un point de vue communautaire. Des organes, des lieux de concertation flamands-francophones sont néanmoins conservés. Mais il faut le reconnaitre, il y a une conception syndicale différente au nord et au sud du pays. Elle découle en partie du fait que la CSC a un poids bien plus important au nord que la FGTB. Au sud, c'est l'inverse. "Sachant que la CSC et la FGTB n’ont pas la même approche des revendications et surtout des modes d’action, c’est aussi cela qui explique que, en Flandre et en Wallonie, il y a une combativité partiellement différente", explique Jean Faniel.

En 2006, les métallos de la FGTB ont scindé leur organisation au niveau communautaire. Trop de tension, de divergences. Étaient-ils les premiers d'une longue série ?

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