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Grève dans les prisons: la tension monte parmi les détenus

Des familles de détenus manifestent devant la prison
05 mai 2016 à 09:28 - mise à jour 05 mai 2016 à 19:422 min
Par RTBF avec Belga

Alors que la grève des agents pénitentiaires se poursuit dans les prisons francophones, une vingtaine de personnes se sont rassemblées devant la prison de Jamioulx (Charleroi) ce jeudi pour manifester: des familles de détenus essentiellement mais aussi d’anciens prisonniers qui voulaient afficher leur solidarité. L’action se déroulait à quelques mètres à peine des piquets de grève.

Les manifestants  voulaient dénoncer les conditions de vie inhumaines des détenus et l’absence de contact avec leurs proches enfermés dans leurs cellules depuis plus d’une semaine.

Le ton monte à Nivelles

Un détenu de la prison de Nivelles nous a contacté et a témoigné de violence et de menaces de la part des gardiens ce jeudi soir. Un détenu aurait été violenté et mis au cachot. "Moi, je suis barricadé dans ma cellule, j'ai bloqué la porte pour empêcher les gardiens d'entrer." Il a également dénoncé les conditions de détention, les détenus ne recevant que quatre tartines par jour et n'ayant aucun droit de visite.

Contactée par nos soins, l'accueil de la prison assure que tout est calme ce vendredi soir. Il s'agirait donc d'un incident isolé, qui illustre cependant la tension grandissante parmi les détenus qui ne supportent plus leurs conditions de vie.

Les détenus de Jamioulx mettent le feu aux matelas

La veille en soirée,  des prisonniers de Jamioulx, excédés, ont d'ailleurs bouté le feu à divers objets et à un container, ce qui a nécessité l'intervention des pompiers et un important déploiement des forces de l'ordre.

Les pompiers de Charleroi sont intervenus à la prison de Jamioulx afin d'éteindre plusieurs débuts d'incendie, mercredi vers 23h30, confirme le major Michel Méan, porte-parole de la zone de secours Hainaut-Est.

Les détenus avaient bouté le feu à divers objets ainsi qu'à un container pour protester contre la détérioration de leurs conditions de détention depuis le début de la grève des agents pénitentiaires. Les différents foyers ont été rapidement maîtrisés par les sapeurs-pompiers. Un important déploiement policier a en outre été nécessaire pour ramener le calme au sein de la prison.

La situation demeure également tendue dans les autres prisons francophones. À Andenne, les détenus ne recevraient actuellement plus que du pain et du sucre pour se nourrir. "Y'a pas de douche, pas de cantine, pas de tabac. Vu les inondations créées par d'autres détenus en colère, l'eau a été coupée. On a pris une douche en 11 jours et la situation est en train de dégénérer", a confié un prisonnier à notre collègue de la Prem1ère Monika Wachter.

La direction nuance. Les détenus reçoivent les trois repas en même temps, à l'heure du midi. Ils doivent donc gérer eux-même la nourriture pour toute la journée. En ce qui concerne les coupures d'eau, il n'y en a pas eu ajoute Marc Dizier, le directeur de la prison d'Andenne.