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Grève dans les prisons: la police en a marre de fournir du renfort

Grève dans les prisons: la police en a marre de fournir du renfort
07 nov. 2014 à 05:001 min
Par Charlotte Legrand

Un fameux casse-tête. C'est en ces termes que les chefs de zone nous parlent de leur planning, dès qu'une grève en prison s'ajoute au travail quotidien. La zone de police de Tournai doit fournir 32 policiers, pour assurer la sécurité à la prison. "La plupart des effectifs sont puisés dans les commissariats de quartier", explique Philippe Hooreman, le chef de zone . "Evidemment, ça déforce notre travail de terrain. Imaginez un agent qui preste une nuit en prison. Les deux jours suivants, vous ne le voyez pas dans son quartier!".

David Deladrier, chef de zone à la police de Leuze Beloeil, abonde dans le même sens. Lui doit fournir une vingtaine d'hommes à la prison de Leuze-en-Hainaut, ce vendredi. "Soixante pourcents des effectifs seront fournis par la police locale, le reste provient de la réserve fédérale". David Deladrier a connu une journée particulièrement difficile, ce jeudi, jour de grande manifestation. "La situation était doublement compliquée. Devoir compter ses hommes, le matin, sans savoir à l'avance qui participe ou pas à la manifestation. Puis envoyer des agents à la prison en renforts. Où là aussi, on ne sait pas qui va ou pas à Bruxelles. Un casse-tête. D'autant que la mobilisation était plus forte que prévu. Il y avait vraiment très peu d'agents pénitentiaires au travail".

Les deux chefs de zone partagent le même point de vue. Aller en prison, ce n'est pas le rôle des policiers. "On ne nous laisse pas le choix, mais c'est tout à fait anormal", insiste David Deladrier. "Alors, en prison, mes hommes se bornent à gérer la sécurité. Point. Ils n'ouvrent pas de porte, ils ne surveillent pas d'écran, ils ne distribuent ni les médicaments, ni les repas".

Quant aux détenus, pendant une grève du personnel pénitentiaire, ceux-ci restent en cellule, en principe 24h sur 24. Les sorties au préau sont supprimées, tout comme les visites et les coups de téléphone.

Charlotte Legrand

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