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Grèce: calme relatif avant une grève générale de 24h

Grèce: calme relatif avant une grève générale de 24h
10 déc. 2008 à 08:582 min
Par Belga/RTBF

Cette grève, prévue de longue date et qui doit fortement perturber les transports, accroît la pression sur le gouvernement du Premier ministre grec conservateur Costas Caramanlis, fragilisé par une flambée de violence jamais vue en Grèce qui a suivi la mort d'Alexis Grigoropoulos, 15 ans, abattu samedi par un policier.

Des heurts avaient éclaté mardi après-midi dès la fin des obsèques, dans une banlieue d'Athènes, de l'adolescent. Ils se sont poursuivis jusqu'à 03h00 du matin entre les policiers et plus d'une centaine de jeunes qui effectuaient des sorties des écoles polytechnique et de droit occupées depuis dimanche.

Des dégâts ont été commis contre un bureau de poste, une banque et une agence de tourisme dans le centre de la capitale.

La police d'Athènes a annoncé avoir procédé au cours de la journée de mardi à 55 interpellations. Quatre personnes ont été arrêtées pour violences et 12 autres pour vols. Elle a par ailleurs arrêté 25 étrangers pour des vols commis dans la nuit de lundi à mardi dans des magasins sinistrés du centre d'Athènes.

Le maire de la capitale Nikitas Kaklamanis a indiqué mardi soir qu'il estimait que plus de 360 magasins ont été "partiellement ou totalement endommagés" depuis samedi dernier.

A Thessalonique, des échauffourées se sont produites pendant la nuit jusqu'à 02h00 entre les forces de l'ordre et une cinquantaine de jeunes retranchés dans la faculté de philosophie.

A Patras, dans l'ouest du Péloponnèse, les bagarres qui avaient commencé en début de soirée ont cessé au milieu de la nuit.

Des escarmouches se sont par ailleurs produites dans la nuit à Larissa et à Volos où le palais de Justice a été endommagé, à Kalamata ou une école a brûlé, à Ioannina et à Zante sur l'île du même nom en mer ionienne, selon des sources policières. La situation était redevenue calme mercredi matin dans toutes ces villes.

Sur le front social, la très puissante Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE, 600 000 adhérents) et la Fédération des fonctionnaires (ADEDY, 200.000 membres) devaient organiser dans le centre d'Athènes un grand rassemblement à 12h00, point d'orgue d'une grève générale de 24 heures prévue de longue date contre l'austérité et la cherté de la vie.

Les dirigeants syndicaux ont tenu à organiser ce rassemblement malgré une demande d'annulation adressée par Costas Caramanlis. Les syndicalistes ont lancé un appel au calme pour que la manifestation se déroule sans incidents.

Les syndicalistes communistes (PAME) ont prévu de leur côté de manifester dans le centre d'Athènes avant le rassemblent syndical.

Dans un souci de reprendre la main sur des événements qui lui ont largement échappé, Costas Caramanlis a adressé mardi soir un nouveau message à la nation condamnant les fauteurs de trouble comme "des ennemis de la démocratie".

Il s'est engagé "à rétablir le sentiment de sécurité et la légalité", et lancé de nouveau un appel à l'unité nationale.

"Il faut condamner clairement les violences, les pillages, le vandalisme des éléments extrémistes...en ces heures on ne peut pas avoir de différences nationales", a souligné le Premier ministre.

Il n'a pas répondu au chef de l'opposition socialiste Georges Papandréou qui avait demandé dans la journée un recours "au verdict populaire" pour résoudre la crise.

 

(M.S. avec Belga)

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