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Belgique

Gouvernement fédéral : l’art de ne pas décider

Philippe Walkowiak

 

Il paraît que le gouvernement fédéral va se mettre au travail. Sur la table du jour et du week-end : un " jobs deal " et la réforme des pensions tant attendue. Toutefois, les derniers mois nous ont appris à être prudent. Il conviendra de juger sur pièce.

Entre effet d’annonce et inertie

La traditionnelle séance de questions de la Chambre de ce jeudi n’a guère apporté d’éléments tangibles.

À la tribune, la cheffe de groupe engagée Catherine Fonck effectuait ce relevé : On parle d’une réforme fiscale pour augmenter le salaire-poche et stimuler l’emploi ? Rien !

On propose des aides plus fortes et plus ciblées, notamment en vue d’étendre le tarif social aux classes moyennes ? Rien !

Une correction est annoncée pour que les copropriétés – soit 2,5 millions de personnes, souvent précarisées – bénéficient des aides que les autres citoyens ont pu obtenir ? Toujours rien !

On évoque le soutien aux PME et aux indépendants afin qu’ils encaissent le choc des coûts salariaux et énergétiques ? Rien !

Nous avons aussi entendu certains partis de votre majorité annoncer une mise à contribution des grosses entreprises ayant engrangé des surprofits indécents pendant cette crise. Là encore, rien !

Ah oui ! J’oubliais : 30.000 euros promis à tous les jeunes. Rien non plus !

Les jours et les mois s’écoulent, dans un grand brouhaha, que ponctuent énormément de déclarations qui suscitent l’espoir et beaucoup d’attente. Comment votre gouvernement réagit-il ? Simplement par l’inertie et l’incapacité à décider.

Le chef de gouvernement se retranchait quant à lui sur cette indexation automatique des salaires qui protège mieux le Belge que d’autres européens et des mesures déjà prises. Pour le reste, on verra en juillet.

Entonnoir de juillet

Dans la majorité, des voix se sont également élevées pour demander au gouvernement de presser le pas.

Beaucoup de dossiers demeurent en attente : jobs deal, réforme des pensions, réforme fiscale, budget de la Défense, prolongation du nucléaire, prix de l’énergie, pouvoir d’achat, etc. Le plus souvent, tout est réuni pour trancher et avancer mais tout semble bloqué parce que chacun des sept partenaires espère décrocher " son " trophée à médiatiser.

À ce stade, le risque de renouer avec une grande tradition de la politique sauce belge : l’entonnoir. Ou comment mélanger tous les dossiers, y effectuer un donnant-donnant de concessions qui n’ont rien à voir entre elles pour que chacun s’y retrouve politiquement.

La saison du marchandage est officiellement ouverte.

Issue : 21 juillet. Ou pas.

 

@PhWalkowiak

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