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Google Kiosque : à chacun son propre journal

Google Kiosque : à chacun son propre journal
22 nov. 2013 à 10:472 min
Par boh

A quoi ressemblera le journal de demain ? Même s’il reste beaucoup d’inconnues, la réponse est sans doute en train de s’élaborer sous nos yeux.

Google a lancé hier une nouvelle application mobile appelée Newsstand, Kiosque. Comme son nom l’indique, elle présente une offre très large de journaux et de magazines, mais aussi de sites d’infos et de blogs. Selon le Financial Times, ce ne seront pas moins de 1900 titres qui seront accessibles dont ce quotidien, le New York Times ou encore le Wall Street Journal.

Ce n’est pas la première fois que Google s’intéresse à la presse. Le moins que l’on puisse dire c’est que les rapports entre le géant du web et les éditeurs ont été tumultueux. Et particulièrement chez nous. Les journaux belges francophones ont en effet mené une longue bataille contre Google Reader, un agrégateur, une sorte de table des matières des articles des quotidiens. On ne va pas faire le résumé de tous les rebondissements, d’autant que Google a mis fin à ce dispositif il y a quelques mois.

En quoi le nouveau Kiosque de Google est-il différent ? D’abord, il comprend deux parties : un espace gratuit, et une zone payante qui renvoie vers les formules d’abonnements proposés par les journaux. Selon les titres, elles sont variables, on peut acheter un article ou payer pour une période de consultation à la carte. Google cherche manifestement à rassurer les éditeurs en leur offrant la possibilité rémunérer leur contenus. Tout en empochant 30% au passage selon les estimations, comme Apple déjà présent sur ce marché.

Deuxième caractéristique : Google Reader avait été élaboré pour l’ordinateur, le Kiosque est une application mobile. Elle sera d’abord disponible sur les appareils Android, le système de Google qui équipe environ 80% des smartphones en circulation. Ce sera difficile pour les éditeurs d’y renoncer.

La priorité à la mobilité, c’est aussi une manière de se centrer sur le public et ses nouvelles habitudes numériques. Et ça va même plus loin. Chacun pourra choisir ses contenus, déterminer ses rubriques et les mettre en page selon ses intérêts. Et son Kiosque évoluera suivant les appréciations qu’il donnera aux articles ou aux vidéos qui lui seront proposées. Google n’innove pas : il suit la tendance initiée notamment par Flipboard.

Cette tendance est claire : un lecteur, un journal, c’est le passé. Les médias deviennent de fournisseurs de contenus et chacun devient son propre rédacteur en chef. C’est un énorme défi pour les journalistes, les rédactions et les éditeurs. Et aussi pour tous ceux qui s’occupent d’éducation aux médias : il ne suffit plus de former des lecteurs critiques, mais des acteurs curieux et créatifs.

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