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Gestion de la crise du coronavirus en Belgique : "Le monde entier naviguait à vue"!

19 juil. 2020 à 08:00Temps de lecture3 min
Par Danielle Welter

Cela fait plus de quatre mois que notre pays vit au rythme du coronavirus et des réunions du Conseil national de sécurité. Quatre mois de crise pendant lesquels il a fallu prendre des décisions importantes qui allaient bouleverser la vie des Belges. Aujourd’hui, experts et politiques se souviennent de moments clés.

Lorsque, dès fin février, la pandémie est à nos portes. Personne n’en mesure vraiment l’ampleur. "On n’est pas médecin, pas virologue et les premières explications qu’on recevait c’était entre guillemet une grosse grippe. Ce n’est que plus tard qu’on se compte que c’est bien plus dramatique", confie Elio Di Rupo, ministre-président du gouvernement wallon qui ajoute : "Le monde entier a navigué en vue". Pour Erika Vlieghe, présidente du GEES, le groupe des experts chargés du déconfinement, "les informations n’étaient pas encore très claires mais il fallait tout faire pour éviter que le virus s’installe dans le royaume car", souligne-t-elle, "il était impossible de savoir où cela allait nous mener".

Très vite, les réunions s’enchaînent et les décisions aussi car il faut trancher rapidement. Les jours se ressemblent, il n’y a plus de week-end, plus de soirées" raconte Sophie Wilmès, "mais il faut avancer et tenir le cap".


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Les maisons de repos ? Pas un secteur sacrifié !

Le 17 mars, la Belgique se confine et passe en lock down. Experts et politiques doivent apprendre à s’apprivoiser pour gérer ensemble une crise sans précédent. Qui avait le dernier mot ? Pour Pierre-Yves Jeholet, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est le politique. "C’est lui qui porte la responsabilité et qui devra rendre des comptes notamment devant les commissions d’enquête s’il y en a". Les débats étaient nombreux et le dialogue permanent. Les décisions sont difficiles à prendre que ce soit pour fermer les secteurs ou pour, plus tard, les rouvrir. La fermeture des écoles est souhaitée par le sud du pays. Leur réouverture poussée par le nord. "Il a fallu trouver un équilibre mais clairement c’est une décision politique", explique Erika Vlieghe.


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Le pic de la pandémie est atteint en Belgique le 12 avril, le dimanche de Pâques. La barre des 5000 décès est franchie et on se rend compte que la moitié des victimes vivaient en maison de repos. Pour l’expert épidémiologiste Marius Gilbert, c’est de la responsabilité des politiques de s’occuper de la prévention même s’il reconnaît que l’hécatombe dans les maisons de retraite n’est pas une spécificité belge. "Ailleurs, il y a eu des drames aussi dans ces maisons sauf en Allemagne où le secteur a relativement été épargné".

Elio Di Rupo refuse la critique qui voudrait que le secteur ait été sacrifié par le politique. Pour Pierre-Yves Jeholet, chacun a fait de son mieux mais il reconnaît que le politique a peut-être été pris de court face à l’ampleur de la maladie. La ministre de la santé Maggie De Block conclut : "Si on avait su qu’il fallait prendre des mesures comme dans les hôpitaux, on l’aurait fait mais personne ne le savait !".

Des leçons à tirer mais pas encore de regrets…

Experts et politiques s’accordent pour dire qu’il y a de leçons à tirer. Au niveau de la communication qui devrait être plus claire et plus centralisée estime Erika Vlieghe. Les responsables politiques émettent cependant peu de regret. "Pas encore" déclare Sophie Wilmès qui estime avoir fait de son mieux. "Et c’est un faux procès que de dire que l’économique a pris le dessus sur tout le reste", surenchérit Elio Di Rupo. "Le déconfinement s’est fait dans l’ordre de ce qui pouvait l’être, avec méthode", réagissant ainsi au fait que des responsables des secteurs sociaux estimaient que des pans entiers de la société avaient été négligés. Maggie de Block est convaincue la crise a été bien gérée avant d’ajouter… "évidemment, on est toujours plus intelligent après !"

A ce jour alors que la propagation du virus connaît un rebond, la Belgique compte près de 10.000 décès liés au covid 19.

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