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Belgique

Gérard Deprez: le MR attend un signe de la N-VA ou du PS

Gérard Deprez: le MR attend un signe de la N-VA ou du PS
05 juil. 2010 à 14:543 min
Par RTBF

Le vice-président du MR Gérard Deprez estime que, dans la situation politique dans laquelle on se trouve actuellement, il faut éloigner les mauvais esprits : "Cela peut être la volonté de se piéger mutuellement entre un informateur et un formateur. Il y a toujours un petit jeu tactique : l'informateur essaye que ce soit le formateur qui prenne l'essentiel des responsabilités et le formateur essaye que l'informateur ait suffisamment débroussaillé le terrain pour qu'il n'ait plus qu'à ceindre la couronne".

"Le MR est comme les convoyeurs, il attend"

Concernant l'hypothèse d'une participation du MR au futur gouvernement fédéral, Gérard Deprez tient à rappeler que "le résultat des élections est que le MR n'a pas la main. Les deux partis qui ont la main (la N-VA du côté flamand, le PS du côté francophone) doivent choisir les partenaires avec lesquels ils souhaitent travailler. Pour l'instant, le MR est comme les convoyeurs, il attend". Pour Gérard Deprez il convient de "garder de la dignité et de la décence : on ne fait pas offre de service par rapport à des partenaires qui ne vous font pas signe. Si on ne fait pas appel à nous, nous en tirerons les conclusions : nous n'aurons pas d'autre choix que d'aller dans l'opposition. L'avantage de l'opposition, c'est qu'on prend moins de responsabilités, donc moins de risques. L'inconvénient de l'opposition, c'est qu'on sait quand on y entre mais on ne sait jamais quand on en sort. Dans l'éventualité où on fait appel au MR, nous devons examiner quels sont les éléments qui sont sur la table ; si, oui ou non, l'attelage qui se met en place est animé par la volonté de réussir sur les trois dossiers-clés du futur gouvernement. On sait qu'il faut une grande réforme de l'Etat, on sait qu'il y a une situation budgétaire qui est extraordinairement grave et on sait aussi qu'il y a des problèmes de compétitivité de l'économie belge : si sur ces trois éléments, il y a un canevas de négociations et des propositions qui sont susceptibles d'intéresser le MR, à ce moment-là le MR décidera".

Paradoxalement, Gérard Deprez fera son entrée pour la première fois dans une assemblée nationale mardi en prêtant serment au Sénat. Pour lui, "à eux seuls la N-VA et le PS sont totalement impuissants". Mais au vu du travail accompli par l'informateur Bart De Wever, c'est "comme si la totalité de l'accord de gouvernement devait se faire entre Bart De Wever et Elio Di Rupo".

Il faut "déseuphoriser"

Après les déclarations euphoriques de certains candidats durant la campagne électorale, Gérard Deprez estime qu'il faut maintenant "déseuphoriser" et que le gouvernement devra viser prioritairement la "compression des dépenses" et une "meilleur gouvernance".

Si un accord général était conclu en vue de la suppression du Sénat Gérard Deprez n'irait pas seul aux barricades pour s'y opposer. "Dans sa composition actuelle, le Sénat n'est pas fondamental", estime Gérard Deprez. 

"Cicatriser les blessures" du MR

Didier Reynders a annoncé qu'il ne se représentera plus à la tête du MR. Les observateurs voient deux candidats sortir du lot pour le remplacer : Olivier Maingain et Willy Borsus. Lorsqu'on demande à Gérard Deprez ce qu'il imagine comme scénario pour l'avenir à la tête du parti, il éclate de rire : "A priori, je vois assez mal le président du FDF devenir président de l'ensemble du MR. En ce qui concerne les autres candidats, je pense qu'il est un peu trop tôt, parce que si d'aventure le MR devait participer au gouvernement, certains candidats potentiels d'aujourd'hui ne seraient peut-être pas disponibles demain". Le futur président du parti est quelqu'un "qui doit avoir la capacité de rassembler tout le parti, de cicatriser les blessures de ces dernières années et d'entraîner le MR dans une nouvelle étape de son existence".

 

A.L. avec B. Henne

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