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Belgique

Gérard Deprez: "Jean-Luc Dehaene n'a pas failli"

Gérard Deprez: "Jean-Luc Dehaene n'a pas failli"
21 avr. 2010 à 14:473 min
Par RTBF

Jean-Luc Dehaene a transmis le témoin à Yves Leterme. Après la rédaction d'une synthèse sur l'avenir possible de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, le démineur royal estime avoir terminé sa mission. C'est désormais le Premier ministre qui va mener les négociations.

Gérard Deprez, président du MCC et vice-président du MR, n'a pas été surpris par le fait que Jean-Luc Dehaene ait estimé que sa mission était terminée.

"Si ma mémoire est fidèle, il a avait été chargé par le roi de faire des propositions et de remettre ces propositions au gouvernement, ce qu'il a fait. Ce qui me surprends d'avantage par contre, c'est les termes du communiqué, on ne peut pas dire que ce soit un communiqué coup de gueule, on sent que c'est un communiqué réfléchit" a-t-il jugé.

Le député européen relève trois points essentiels dans ce communiqué que vous pouvez retrouver dans son intégralité en cliquant ici : "Il me semble qu'il y a dans ce communiqué trois choses : d'abord quelque chose de très personnel chez Jean-Luc Dehaene, il parle de son père, ce qui n'est pas fréquent. La deuxième chose, c'est qu'on sent, et il le dit d'ailleurs, qu'on ne trouve pas autour de la table des interlocuteurs de la même nature que ceux avec lesquels il a négocié les précédentes réformes de l'Etat qu'il a pu faire aboutir. La troisième chose qui me frappe c'est que quand on lit son texte, on sent qu'il est presque décontenancé, je crois qu'il y a un message d'avertissement qui est quand même relativement sérieux".

"Un testament politique"

Pour Gérard Deprez, ce communiqué s'apparente à "un testament politique". "Jean-Luc Dehaene fait un double constat : le premier, c'est qu'il connait beaucoup moins les interlocuteurs qu'il a autour de lui maintenant que ceux qu'il connaissait avant et avec lesquels il a fait des accords donc il y a une génération qu'il a beaucoup moins fréquenté et deuxièmement, il fait le constat qu'entre le nord et le sud du pays, la réforme de l'Etat aidant, et les choses ayant évoluées dans l'intervalle, ce n'est pas plus simple maintenant, c'est le moins que l'on puisse dire, que ca ne l'était a l'époque" a-t-il expliqué.

"Olivier Maingain a raison"

Ce mardi, Olivier Maingain, président du FDF, n'y allait pas avec le dos de la cuillère en déclarant que "ce qu'on nous présente n'est même pas une base de négociation acceptable. C'est un cahier de revendications flamandes, tout simplement".

"Je ne cautionne pas" nombre d'expressions publiques d'Olivier Maingain, a indiqué Gérard Deprez précisant par ailleurs partager sur le fond la plupart de ses analyses. Ainsi, le président du FDF fait preuve de "cohérence" et de "loyauté" quand il dit que la réponse technique à la scission de BHV est l'élargissement et que ce point de vue est partagé par l'ensemble des formations francophones.

"Chacun sait la position d'Olivier Maingain qui est celle compte tenu de l'espace politique qu'occupe le parti, la position la plus dure du côté francophone" a jugé le vice-président du MR. Et d'ajouter : "Quand Olivier Maingain dit que la meilleur solution, qui était d'ailleurs la position commune de tous les partis francophones, c'est le rattachement des six communes à la région bruxelloise, il a raison aussi sur un plan technique, si ces communes sont rattachées à la région bruxelloise, vous n'avez plus de problème de nomination de bourgmestres, vous n'avez plus le problème des circulaires Peeters, vous n'avez plus le problème de la compétence de la Communauté française...", a-t-il souligné.

"La véritable question dans ce pays, c'est : Est-ce que les Flamands peuvent tout demander dans ce qui les intéresse et refuser toutes les concessions qui seraient légitimes ?" s'est interrogé Gérard Deprez en guise de conclusion.

 

Mélanie De Nora

 

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